Mauvais rang des Universités françaises dans le classement de Shangai - Le constat vaut pour beaucoup d’autres classements

Vendredi 13 août 2010

L’éditorialiste des Echos Jean-Marc Vittori résume ce vendredi 13 août sur son blog des Echos les explications des contre-performances françaises dans le Classement de Shanghai.

Extraits (le gras est de nous) :

« nous allons de plus en plus vers une économie du savoir. Dans cette économie, la conquête des talents est primordiale. Or, le lieu où se constitue et se transmet le savoir, le lieu où émergent les nouveaux talents, c’est l’université. Les pays qui savent faire venir les meilleurs étudiants se préparent donc le meilleur avenir. [...]

La présence de seulement trois universités françaises parmi les meilleures s’explique par au moins trois raisons :

  • c’est un classement de la recherche plus que de l’université. Or en France, une grande part de la recherche se fait au sein du CNRS, qui n’est pas une université
  • il dépend beaucoup des publications en anglais. Il favorise donc beaucoup les établissements anglo-saxons, qui raflent d’ailleurs les 19 premiers rangs
  • le paysage universitaire français est très morcelé. Beaucoup d’équipes sont jalouses de leur indépendance, elles tiennent à garder leur appellation. [...]

Ce classement n’a donc pas l’air très sophistiqué ... En effet, il a été bricolé à toute vitesse en 2003, quand le président de l’université Jiao Tong a demandé à l’un de ses professeurs de fabriquer un outil pour déterminer les bonnes universités étrangères où envoyer des étudiants. Les Français l’ont d’ailleurs rudement critiqué, comme chaque fois qu’il y a un classement où ils sont mal placés. [...]
Mais nous n’avons pas le choix. Il faut travailler avec le thermomètre de Shanghai, parce que c’est celui que tout le monde regarde. »

Le journaliste incite les autorités françaises à communiquer, à expliquer notre système. Ce qui ne devrait pas nous dispenser de travailler aussi sur la qualité de notre enseignement supérieur. 100% d’accord, personnellement. Ce n’est pas pour rien que je forme, je forme, je forme ... et je forme les jeunes juristes, dont de nombreux thésards, à la bibliographie et aux méthodes de recherche de l’information et des documents en droit [1].

Le constat et les arguments de Jean-Marc Vittori valent, non seulement pour le palmarès de la Banque mondiale sur la facilité des entreprises à faire des affaires, mais à mon sens, très largement aussi pour les classements de revues scientifiques, dont juridiques [2].

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, formateur à la recherche papier et en ligne

Notes de bas de page

[1Note pour les collègues documentalistes : le terme exact est "recherche documentaire". Il est certes plus élégant, plus court, mais il est peu compréhensible pour les non documentalistes. C’est pour cette raison que je ne l’utilise pas ici. Je compte même l’utiliser moins souvent, pour le remplacer par des paraphrases dans le genre de l’expression que j’ai employée ci-dessus.

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