"Là où l’on brûle les livres, on finit par brûler des hommes"

Lundi 1er décembre 2008

J’aime bien cette citation sur les autodafés :

« Là où l’on brûle les livres, on finit par brûler des hommes. »

C’est par cette citation de Heinrich Heine que débute l’enquête de Fernando Bàez sur l’histoire de la destruction des livres, de l’Antiquité à nos jours :
Histoire universelle de la destruction des livres - Des tablettes sumériennes à la guerre d’Irak, traduit par Nelly Lhermillier et paru en mars 2008 chez Fayard (527 pages). Selon la présentation de l’éditeur : « Traduit en douze langues, cet ouvrage démontre que, loin d’être détruits par ignorance, les livres sont anéantis par volonté d’effacement de la mémoire et de l’histoire, c’est-à-dire de l’identité des peuples. » Lire aussi la critique de Jean-Pierre Bédéï publié à La Dépêche du Midi du 25 mars.

Dans le même genre — mais qui met en cause les bibliothécaires "collaborateurs" (il y en eut) : Livres interdits, lectures surveillées, de Martine Poulain, conservateur (Gallimard). La "radio" numérique de Télérama en parle dans le n° 12 de son émission "J’aime mieux lire" (soyez patient : laissez le podcast se charger avant d’écouter).

Pourquoi en parler aujourd’hui, me direz vous ?

Eh bien, parce que ce n’est pas que du passé ou de la science-fiction. Il y a eu la destruction de la Bibliothèque de Sarajevo. Plus récemment, des livres ont été détruits en Irak. En France, pas plus tard qu’en août 2007, à l’abbaye de Lagrasse, un commando non identifié a aspergé d’huile de vidange plusieurs milliers de livres présentés dans le cadre du "Banquet de Lagrasse".

Eve me fait remarquer que dans notre société aussi on détruit les livres. D’abord tous ceux qui ne sont pas vendus et passent au pilon, ensuite tous ceux qui sont vendus aux bibliothèques et que celles-ci ont l’obligation de détruire au bout d’un certain temps, faute de place. Sans considération pour l’intérêt qu’ils peuvent présenter.

Ces ouvrages dépassés peuvent toutefois se voir offrir une seconde vie. En documentation juridique comme dans d’autres domaines, des associations récupèrent et expédient, en Afrique notamment, les Codes Dalloz et Litec, Mémentos pratiques Francis Lefebvre, Lamy des années précédentes et les vieilles éditions des traités. Tenez, deux contacts fiables cités sur la liste Juriconnexion :

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