Jurisdoctoria, une nouvelle revue juridique en ligne — et en accès libre

Mercredi 16 janvier 2008

Jurisdoctoria, une nouvelle revue juridique en ligne — et en accès libre [1] :
http://www.jurisdoctoria.net

Il s’agit d’une revue de droit public comparé et de théorie juridique entièrement consacrée à la jeune recherche. Attention, donc : ses articles ne sont pas d’un abord facile et restent très théoriques.

Les propositions d’articles (synopsys) sont sélectionnées par une double lecture anonyme par un comité de rédaction [2] puis soumises à un « parrain qui exerce un rôle de présentation, de coordination et de caution scientifique du numéro et de ses articles » [3].

Selon la présentation sur le site :

« La revue est gérée et dirigée par des jeunes chercheurs et soutenue par les Écoles doctorales de Droit comparé et de Droit public & Droit fiscal de l’Université Paris I – Panthéon-Sorbonne. La publication est semestrielle (octobre et avril). »


Jurisdoctoria est dirigée par Jean-Philippe Derosier, doctorant et ATER à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

Le n° 1 (octobre 2008) a pour thème L’accès au droit et pour parrain le professeur Etienne Picard, un des directeurs du récent et excellent ouvrage Introduction to French Law (Kluwer Law International, mars 2008). Comme les numéros suivants, il est entièrement et gratuitement téléchargeable au format PDF en un seul fichier.

Evidemment, mes articles préférés dans ce n° 1 sont :

Le n° 2 sortira en avril 2009 et aura pour thème Le conflit. Il sera sous le parrainage du professeur Maryse Deguergue.

Si vous voulez publier, lisez la FAQ de la revue. Un point m’y chiffonne : l’acceptation d’un article par la revue vaut transfert des droits d’auteur à celle-ci. Pourquoi donc, surtout si on publie gratuitement, doit on céder l’exclusivité ? Inclure en standard dans le contrat, par exemple, que l’auteur ne transfère les droits que pour une ou deux années et que dans l’intervalle, résumé et lien vers Jurisdoctoria sont autorisés serait pas mal. Just my two cents.

Réponse de Jean-Philippe Derosier :

« La gratuité de la publication n’a aucune incidence sur le transfert des droits : voyez la Revue française de droit constitutionnel (RFDC) (PUF), la Revue internationale de droit comparé (RIDC)(sur le portail gratuit Persee) ou la Revue du droit public et de la science politique (Revue de droit public, RDP) (Lextenso). Autant de revues qui ne rémunèrent pas leurs auteurs et où les droits sont transférés à la revue.
Nous ne souhaitons pas, en effet, qu’un même article soit publié à la fois chez nous et dans une autre revue : cela aurait des conséquences sur notre crédibilité et sur notre légitimité. C’est pourquoi, dès lors qu’un auteur publie chez nous, nous réclamons l’exclusivité.
Imaginons qu’un auteur publie un article chez nous, et obtienne ensuite la possibilité de publier le même article à la RDP : il paraît assez évident que les lecteurs référenceront davantage la publication à cette dernière revue (plus connue, plus renommée, plus ancienne, plus "crédible", "a priori" de meilleure qualité, et surtout "plus accessible" dans le sens où un lecteur - aujourd’hui - connaît mieux et donc consultera plus la RDP que Jurisdoctoria). La conséquence est dès lors évidente : Malgré la présence d’un article potentiellement de qualité, Jurisdoctoria ne sera pas référencée, ne sera pas reconnue pour la qualité de "ses" articles et donc sa qualité propre, et ne survivra pas à la concurrence des revues "traditionnelles" et renommées. »

La discussion sur le sujet "OA (Open Archive/Archives ouvertes) or not OA", bien accrochée, continue sur le blog de ma collègue, bibliothécaire juridique en BU, Marlène.

En tout cas, une telle revue se situe dans un mouvement qui prend de l’élan et pourrait aider à relancer le droit comparé en France — il en a grandement besoin [4].

Notes de bas de page

[1Sur le sujet des revues juridiques en accès libre, voir notre article Revues juridiques en accès gratuit : une sélection .

[2Actuellement en France, l’appartenance à l’équipe du directeur de la revue ou d’une de ses rubriques, les recommandations, les relations et la réputation sont les principaux modes de sélection d’articles pour les revues juridiques.

[3Lire "Comment statue le comité de rédaction ?" dans la FAQ.

[4Voir notamment notre article Le droit comparé : un atout à développer.

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