Google et Facebook nous confortent-ils dans nos opinions ? Pas si simple ...

Vendredi 9 décembre 2016

En 2011, le fondateur du site pétitions Avaaz, Eli Pariser, un Américain né à la campagne et pour qui Internet, c’est se connecter avec le monde donc avec la diversité des opinions, expliquait lors d’une conférence TED, que les sites dominants de notre Internet d’aujourd’hui (Google, Facebook, mais aussi Netflix, Amazon ...), filtrent ce que nous voyons du Web en fonction de nos préférences. Selon lui, ces filtres créent ainsi une bulle autour de nous.

Eli Pariser estimait qu’au final cela s’avérera mauvais pour nous et pour la démocratie.

En 2011 déjà, donc, les algorithmes avaient remplacé les éditeurs, rédacteurs et journalistes. Sans leur éthique et leur capacité de sélection.

Cinq ans plus tard, en 2016, l’élection surprise de Donald Trump à la présidence américaine amène à se demander si ces "bulles à filtres" ne sont pas moins étanches que ce qu’Eli Pariser en disait, vu l’influence que semblent avoir eues les pseudo-actualités massivement envoyées vers les réseaux sociaux des citoyens américains par la campagne en ligne de la droite extrême américaine.

Et si ce qui est mauvais pour la démocratie n’est pas aussi, voire surtout, le modèle économique de "fermes à clics" que promeuvent Facebook et autres : des entrepreneurs des pays occidentaux construisant des sites à actualités et articles bidons, des dizaines de milliers de citoyens de pays sous-développés ou en voie de développement payés 1 dollar US les 1000 clics ou likes, et des GAFAM qui s’en font leur chiffre d’affaires [1]. Extrait de la conclusion d’Antonio Casilli, maître de conf à Télécom Paris Tech, chercheur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et sociologue du numérique :

« Ce ne sont pas "les algorithmes" ni les "fake news", mais la structure actuelle de l’économie du clic et du digital labor global qui ont aidé la victoire de Trump. »

Emmanuel Barthe

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