Fusion Thomson-Reuters : la Commission européenne a des inquiétudes "sérieuses" et ouvre une enquête approfondie

Mardi 9 octobre 2007

La fusion Thomson-Reuters ne passe pas bien à Bruxelles. La Commission européenne, en fait sa DG Concurrence, vient d’ouvrir la phase 2 (dite "approfondie") de l’enquête de concurrence conduite sur toute concentration d’entreprises de niveau communautaire. Reuters est un des premiers groupes d’informations financières mondial, et le premier métier du groupe canadien Thomson, c’est aussi les bases de données financières et les news écofi.

Suite à l’enquête initiale, les services européens de la concurrence ont des inquiétudes "sérieuses" quant aux effets négatifs de ce rapprochement "dans plusieurs marchés du secteur des informations financières", selon un communiqué de la Commission.

L’ouverture d’une enquête approfondie n’augure en rien de la décision finale de Bruxelles selon la dépèche AFP. Hum ... En réalité, passer en enquête approfondie, en langage politico-juridique européen, sigifie que Bruxelles considère que la fusion comporte des risques pour la concurence tels qu’il faut a priori envisager soit des cessions importantes une fois la fusion faite — ce qui, clairement, peut en réduire l’intérêt pour les fusionnés — soit carrément de s’y opposer totalement. A titre d’exemple, en 1997, les groupes d’édition juridique Reed Elsevier et Wolters Kluwer avaient carrément renoncé à leur projet de fusion suite à la décision de Bruxelles de passer l’enquête en phase 2 ...

Selon la dépèche AFP, « Thomson-Reuters, qui resterait coté sur les Bourses de Toronto et Londres, détiendrait 34% du
marché mondial de l’information financière, contre 33% à Bloomberg. Il pèserait environ 11 milliards
de dollars de chiffre d’affaires et emploierait près de 49000 personnes sur la base des effectifs
actuels ».

La Commission a jusqu’au 25 février 2008 pour rendre son verdict définitif sur la fusion.

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