Faux avis ... et faux articles

Mercredi 27 juillet 2011

Comment des entreprises françaises fabriquent et vendent de faux avis sur le Net / Geoffrey Le Guilcher, Les Inrocks 19 juillet 2011 : « Serveurs basés en Europe alimentés de Madagascar, connexions au site Tripadvisor avec une clé 3G ou depuis un cybercafé pour brouiller l’identification de l’ordinateur utilisé… Tous les moyens sont bons pour ces sociétés étrangères et françaises qui alimentent en faux avis les sites Internet de leurs clients. Une stratégie de com’ illégale, discrète et très rentable. »

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Et lisez bien aussi les commentaires (seuls les abonnés ont accès aux commentaires ...), très instructifs. Par exemple ceux-ci (extraits) :

« Ca marche aussi pour les critiques de disques et films sur les sites spécialisés culture ? »

« Ne soyez pas naïfs ; les exemples ci-dessus ne reflètent que le travail de quelques amateurs qui polluent le métier. Vous vous doutez bien que les vraies boîtes de com spécialistes de l’infiltration utilisent depuis de nombreuses années des méthodes beaucoup plus subtiles et très éloignées de ce que l’on décrit ici. »

« Un minimum de mise en perspective : certaines pratiques dans la presse traditionnelle et ce depuis des années ne sont ni plus légales ni plus acceptables... A quand un article "Comment des journalistes français fabriquent de faux articles et des recommandations non objectives" [...].
Et aucune mention non plus des nombreux media qui ne critiquent quasiment jamais leurs gros annonceurs [...] ou des publi éditoriaux tellement maquillés en contenu éditorial (sortez le microscope pour voir la mention) dont ils empruntent souvent la mise en page... »

Pour info, au moins un professionnel du marketing Internet déconseille l’approche "faux avis" : Marketing à l’ancienne et Internet : un cas d’école / Serge Soudoplatoff.

Il ne devrait même pas avoir à le faire puisque, comme le rappelle un peu trop vite l’article des Inrocks, les pratiques commerciales déloyales ou trompeuses (ex-publicité mensongère ou de nature à induire en erreur [1], articles L. 120-1 à 121-7 du Code de la consommation) sont illégales et sanctionnées lourdement. Elles constituent en effet un délit et sont punies d’un emprisonnement de deux ans au plus et d’une amende de 37 500 euros au plus, ou de l’une de ces deux peines seulement (article L. 121-6 du code de la consommation). L’amende peut être portée à 50 % des dépenses de la publicité ou de la pratique constituant le délit.
Pour les personnes morales, le montant de l’amende est porté à cinq fois celui des personnes physiques, soit 187 500 euros. Elles encourent aussi les peines complémentaires prévues aux 2° à 9° de l’article 131-39 du code pénal : fermeture d’établissement, interdiction d’exercer, affichage/publication de la décision, etc. Voir le topo de l’Institut national de la consommation, publié dans INC Hebdo du 1er-7 décembre 2008.

Emmanuel Barthe

Notes de bas de page

[1Notion élargie par la transposition en 2008 d’une directive européenne.

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