Exister en ligne hors des réseaux sociaux ? C’est vital

Lundi 3 octobre 2011

Sur le blog W.I.P. (Work In Progress) (hébergé sur Slate.fr) de l’école de journalisme de Sciences-Po, Anne Antheaume commente la nouvelle version de Facebook.

Elle écrit notamment (le gras est de moi) :

« Mark Zuckerberg l’a dit lors de la dernière conférence F8 : l’avenir est aux applications. Et si les médias devenaient uniquement des applications sur Facebook, sans site Web associé ? Pour Jeff Sonderman, du Poynter Institute, ce n’est pas de la science fiction, c’est juste "une question de temps". Son argument tient à l’évolution de Facebook : "Si le médium est le message, que se passe-t-il lorsque Facebook devient le médium ? Le message (le contenu) va commencer à devenir un peu différent."
Le Wall Street Journal, le Guardian et le Washington Post ont tous développé des applications qui permettent aux inscrits de Facebook de consommer des informations de ces médias sans quitter Facebook, et d’y voir l’activité (ce qu’ils lisent, ce qu’ils recommandent, ce qu’ils commentent) de leurs amis. A terme, cela sera-t-il la routine ? »

Voici la réponse de Sébastien Bailly dans les commentaires :

« Cet article parait deux jours avant le lancement de Grand-Rouen.com La question de créer un site ou de vivre uniquement sur Facebook s’est posée dans ce projet. Après réflexion, j’ai fait le choix du site, en tentant, petit à petit d’y intégrer le plus finement possible Facebook. Les plugins sont connus (comments, activity feed…). Ce qui se voit moins est de l’ordre des métadonnées spécifiques à Facebook, et à la nouvelle version de l’Opengraph, qui permettent d’améliorer le référencement, et laisse espérer de nouveaux usages sociaux de l’information. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements sur Grand-Rouen, mais à ce que je peux voir, Facebook tend à offrir toutes les technologies nécessaires pour la meilleure intégration possible d’un site extérieur.
Il me semble cependant important de continuer à publier hors de Facebook. D’abord pour ne pas imposer à mes lecteurs un compte Facebook pour accéder à l’info. Ca, c’est presque une position de principe.
Ensuite, parce que, demain, j’ignore si c’est toujours sur Facebook qu’aura lieu la discussion. Ce qui fait la valeur d’un réseau social se sont ses membres. S’ils partent, la valeur s’effondre. Mon média doit pouvoir les suivre dans leurs éventuelles migration : il lui faut son autonomie et une souplesse pour intégrer, demain, les api Google+, le cas échéant, et après demain autre chose. Muter, sans se vendre ni se perdre à chaque fois. »

J’approuve. A ceci près que personnellement, je n’ai ni l’envie ni le temps d’investir dans un n-ième réseau social où mes pages ne m’appartiennent pas et ne sont pas exportables ailleurs et qui ne respecte guère la vie privée. Oui, je sais : FB a 800 millions de membres etc. Certains vont protester, mais c’est ainsi : les sites, réseaux et autres applications se succèdent très vite et on n’y est pas réellement chez soi en dépit des apparences. Qui se souvient des skyblogs ou de MySpace ? Et Del.icio.us était à vendre récemment. Je suis sur Twitter et sur Twitter seulement. Parce que Twitter privilégie l’information et le scoop et ne demande pas trop de temps. Mais mes tweets les plus importants renvoient vers un billet sur mon site/blog. Tout comme mes messages sur la liste de discussion (le premier réseau social en ligne, historiquement) Juriconnexion. Et je ne tweete pas systématiquement/en automatique tous mes billets.

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