E-books : marge et concurrence

Vendredi 20 avril 2012

Extraits de l’analyse d’Annie Feitz, journaliste High-Tech Media aux Echos [1] :

« Le scénario du pire ne peut jamais être écarté : un distributeur en position dominante peut casser les prix, tuer la concurrence et remonter ensuite les tarifs. [...]

Grâce à l’entrée d’Apple sur le marché du e-book, les grands éditeurs ont finalement gagné leur bras de fer avec Amazon, qui s’est converti au contrat d’agence. Les prix des e-books sont remontés, tout en restant largement inférieurs à ceux des livres physiques. Selon AT Kearney [2], une décote de 30 % appliquée au prix d’un livre papier de littérature permet à l’auteur, à l’éditeur et au distributeur final de maintenir leur marge en valeur absolue, compte tenu des économies réalisées sur l’impression et la distribution. [...]

Amazon n’a pas pour autant renoncé à peser sur les prix des e-books. Beaucoup le soupçonnent d’être derrière les actions juridiques en cours - même si rien n’est prouvé. Il vient aussi de retirer de son catalogue les 4000 ouvrages de l’américain IPG (Independant Publisher Group), qui refusait de réduire ses tarifs. Il serait illusoire de croire que la loi française sur le prix unique du livre, étendue en mai 2011 au livre numérique, protégera les éditeurs nationaux d’une offensive similaire. Cette loi leur donne certes le pouvoir de fixer le prix de leurs livres numériques, mais il n’est pas certain que l’issue d’une éventuelle guerre juridique avec Amazon, domicilié au Luxembourg, leur soit favorable. »

Et les bibliothèques, et les clients, et les lecteurs là dedans ?

Notes de bas de page

[1L’économie du livre face à la menace Amazon / Annie Feitz, Les Echos 26 mars 2012. Liens et gras sont de nous.

[2The E-Reader (R)evolution : Here to stay or a path to digital progress ? / Jim Singer, Greg Portell, Lisa Tan, AT Kearney 15 avril 2010.

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