E-books : comment le livre numérique sera t-il commercialisé par les éditeurs ?

Mardi 22 mars 2011

Notre collègue Wendy Reynolds (manager, Library Client Services, Ontario Legislative Library, Etats-Unis), fait un peu d’économie-fiction sur le livre numérique, dans son billet Kicking Into (Over)drive, publié le 26 février dernier sur le blog collectif canadien Slaw.

Voici de quoi expliquer ce titre un peu bizarre [1] :

« Une tempête s’est déclenché le 26 février dernier quand la nouvelle se répandit que l’éditeur HarperCollins avait unilatéralement décidé de limiter la vie de son catalogue d’e-books. Overdrive, un des grands distributeur de livres numériques dans le monde des bibliothèques publiques, s’est trouvé pris entre la maison d’édition et une communauté de bibliothécaires furieux quand fut annoncé que le nombre de prêts d’e-books serait désormais limité à 26. Après cela, le livre disparaîtra automatiquement des collections de la bibliothèque. Si la bibliothèque ayant pris la licence souhaite garder ce titre, un autre livre virtuel devra être acheté. »

L’avant-dernier paragraphe de ce billet me semble poser des questions pertinentes :

« [...] Les livres numériques font partie de ces évolutions. Il y aura des difficultés croissantes au fur et à mesure que le marché trouvera comment tarifer et distribuer ce nouveau format.
Heureusement, les éditeurs juridiques pourront s’inspirer de l’expérience des maisons d’édition pour bibliothèques municipales, et au fur et à mesure que l’édition universitaire évoluera vers les appareils portatifs, des leçons supplémentaires en seront tirées.
Quel prix êtes vous prêt à payer pour l’ebook CED ? Que diriez-vous d’un manuel juridique ? Et un code annoté ? Jusqu’à quelle granularité le prix pourra t-il aller — serons nous en mesure d’acheter un paragraphe, un chapitre, un index des arrêts cités ? Quels coûts répercuter sur les clients ? [2] Les bibliothèques doivent elles acheter des "readers", ou tout simplement rendre le contenu disponible aux lecteurs ? Les éditeurs choisiront ils de vendre directement aux praticiens, et de contourner l’intermédiaire qu’est le bibliothécaire ?

Chers amis, attendez vous à ce que le voyage ne soit pas de tout repos ! »

Eh oui ! le livre électronique, on ne le possède pas, on a très peu de droits sur les exemplaires : essentiellement ceux que l’éditeur veut bien concéder. C’est juste une licence : un livre virtuel, comme le note très justement Wendy Reynolds.

Notes de bas de page

[1Traduction par nos soins. NB : le rendu de Google Translate sur ce texte est vraiment limite. Il ne m’a pas aidé d’un pouce. J’ai tout retraduit.

[2Pratique peu fréquente en France, mais classique aux Etats-Unis.

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