Classement Livres Hebdo des éditeurs français : une édition juridique française extrêmement rentable

Jeudi 25 octobre 2007

La Dépêche du GFII du 25 octobre 2007 résume le classement des éditeurs français réalisé par Livres Hebdo et publié dans son édition du 12.

Première constatation : les éditeurs professionnels -– et les éditeurs juridiques en tête -– « dominent en France le secteur de l’édition professionnelle ».

Voilà qui ne m’étonne guère. C’est un marché de niche avec des clients qui idéalement veulent "tout". Une vraie rente.

Quel est le rang des éditeurs juridiques dans ce classement ?

  • 6e au classement avec un chiffre d’affaires consolidé de 263 millions d’euros : le groupe Lefevbre-Sarrut (Francis Lefebvre, Editions Législatives, Dalloz, ...), juste devant Gallimard
  • 10e avec 206 millions d’euros : Reed Elsevier (LexisNexis France, Elsevier Masson, etc.)
  • 11e Wolters Kluwer France avec 146 millions d’euros.

Cités au passage, les chiffres d’affaires des principales filiales :

  • Lamy, filiale de Wolters Kluwer : 139,5 millions de chiffre d’affaires
  • LexisNexis France : 112,3 millions d’euros.

La Dépèche du GFII remarque que :

  • « toutes les autres enseignes affichent des CA qui n’excèdent pas les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Par exemple Le groupe Eyrolles (CA : 40,4 M€) occupe la 19ème place du classement, le Groupe Revue Fiduciaire (CA : 33,15 M€) le 24ème rang, les Editions du Moniteur (59ème rang avec 8,9 M€) »
  • et que « non seulement les éditeurs juridiques dominent, par leur taille, le secteur de l’édition professionnelle en France, mais ils figurent aussi parmi les entreprises les plus rentables puisque cinq éditeurs juridiques se glissent parmi les 20 éditeurs les plus rentables identifiés par Livres Hebdo. Francis Lefebvre affiche un résultat net représentant 27,1% de son CA, les Editions Législatives une rentabilité de 23,5% et LexisNexis France une rentabilité de 20,5%.

Conclusion de la Dépèche du GFII : « A la lecture de ces chiffres, il ne semble pas que le succès du site public gratuit Legifrance.fr ait déstabilisé le business-model des éditeurs juridiques. »

J’ajouterais pour ma part que les licences Legifrance coûtent moins cher aux éditeurs que s’ils devaient passer des contrats séparés équivalents avec les institutions émettrices de textes officiels et jurisprudence.

Quand on pense que certain éditeur laisse entendre qu’il aurait des arguments pour agir en justice contre Legifrance [1], on se demande bien pourquoi.

Notes de bas de page

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