Caselex : un conseil scientifique stimulant à Bruxelles — Caselex Advisory board meeting in Brussels

Vendredi 17 octobre 2008

Ce vendredi soir, je revenais par le Thalys de Bruxelles où j’ai participé à une réunion de l’"advisory board" de Caselex, un jeune éditeur juridique pur online subventionné par la Commission.

Caselex publie et permet de chercher de manière très intelligente (classification + abstracts + résumés) les décisions importantes des juridictions, dans les Etats membres de l’Union européenne, appliquant le droit communautaire. Ils vendent leur base de données par modules, globalement ou encore par partenariats avec des éditeurs indépendants de taille moyenne comme l’espagnol vLEX ou l’anglais Justis — Caselex a aussi pour partenaires la Confédération des Barreaux européens (CCBE) et l’Association européenne des juristes d’entreprise (ECLA). Caselex a commencé à travailler en 2003 et la version opérationnelle de la base de données a été lancée en 2007. Ils se sont vus décerner en 2008 l’Award for excellence in European information provision dans la catégorie des sources électroniques par l’European Information Association (EIA). J’ai il y a quelques années décrit le projet Caselex ici-même. Vous pouvez tester gratuitement Caselex 15 jours : c’est ici.

Parmi nous, les deux dirigeants de cette "start up" de l’édition juridique, un asssocié fondateur d’un cabinet norvégien, extrêmement compétent sur la grande base de données juridique de son pays, Lovdata [1] (je me demande si, avec un mot-clé comme celui-là, ce billet ne va pas faire merveille dans les moteurs de recherche :-), et des correspondants locaux sélectionnant et transmettant les jurisprudences nationales d’application du droit communautaire, notamment un senior lecturer londonien, un chercheur, un vrai. On parlait anglais avec des accents divers. On parlait des diverses juridictions en Europe, et de veille de droit comparé sur l’application du droit communautaire.

C’était intellectuellement revigorant, mais en même temps on constate que c’est difficile de secouer le conservatisme de ce marché (les éditeurs comme leurs clients). Cela alors même que le droit comparé et communautaire est en pleine explosion dans la pratique (forum shopping, fusions ou restructurations internationales, transfert de données nominatives, etc.) — pas en France hélas. Marché qui fabrique quand même quelques bases de données bien faites mais qui, à part Kluwer Law International (KLI) — qui a parié depuis longtemps là dessus — et Caselex et peut-être, chez LexixNexis, EU Tracker, a loupé le coche du droit comparé.

Bilan : une gauffre nappée de sauce au chocolat chaud à la gare de Bruxelles Midi, deux cartes de visite top, des accès pour tester plus à fond leur base de données, et un déjeûner au dessus des toits du vieux centre historique (la Grand Place) de Bruxelles — une vue magnifique ! Très cool.

Notes de bas de page

[1Lovdata est une fondation privée mais sans but lucratif, créée par le ministère novégien de la Justice et l’Université d’Oslo. Les abonnements couvrent les coûts. Son contenu est bien plus enrichi en mots-clés et liens utiles que nos bases de données françaises et son interface prouve une meilleure compéhension du fonctionnement de l’esprit des juristes.

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