Bibliothèque numérique européenne et Google Book Search : un entretien avec la directrice générale de la BNF

Mercredi 7 mars 2007

Sur le projet de Bibliothèque numérique européenne (BNuE) et bien évidemment aussi sur l’initiative Google Book Search [1], voici un entretien radiophonique passionnant [2] avec Agnès Saal, directice générale de la Bibliothèque nationale de France (BNF) réalisé par un journaliste qui n’a pas sa langue dans sa poche [3].

Les arguments défavorables à la conclusion par les bibliothèques de contrats avec Google Book Search (GBS) sont bien énoncés par Agnès Saal. On peut les retrouver, avec toute la finesse d’analyse d’Oliver Ertzscheid, sur son billet du 31 août 2006 [4] Contrat californien et eugénisme documentaire, sur le Figoblog de Manue (Réflexions sur Google et la numérisation et Y a-t-il un juriste dans la salle ?).

Mais dans les commentaires sous le billet d’O. Ertzscheid, on trouve aussi des commentaires pro-Google Book Search pertinents [5]]. Leurs idées centrales sont :

  • l’énorme progrès/la facilité dans l’accès aux collections permis par GBS
  • progrès que ni les librairies traditionnelles ni les bibliothèques n’avait tenté de réaliser ... (la comparaison avec Gallica ne tient guère, les masses d’ouvrages numérisés n’ayant pas grand’ chose à voir)
  • le fait que les bibliothèques ne perdent rien, puisque’elles gardent leurs ouvrages papier ainsi que tous les droits qu’elles ont sur ceux-ci. La limitation de leurs droits ne porte en effet que sur une diffusion de la version scannée par Google hors de la bibliothèque
  • les « atermoiements » du projet BNuE.

Sur les étapes précédentes du projet de BNuE, voir nos brèves précédentes :

Voir aussi les documents auxquels elles renvoient et bien sûr le blog affordance.

Notes de bas de page

[1Version française : Google recherche de livres.

[2"Masse critique", le magazine des industries culturelles par Frédéric Martel sur France Culture, samedi 17 février 2007 : Europeana, le projet de bibliothèque numérique européenne face à Google (lien vers le podcast au format Real Audio, i.e. le fichier numérique de l’enregistrement audio). Transcription réalisée par Taos Aît Si Slimane et publiée sur son blog tinhinane, enrichie avec les commentaires laissés sur le site de Radio France et les réponses d’Agnès Saal à ceux-ci, le tout signalé par Olivier Ertzscheid sur son blog affordance.

[3Citons une réponse de France Culture à un commentaire déposé sur le forum de France Culture : « L’animateur était pro-Google parce qu’il recevait la dir. gén. de la BNF ; il sera pro-BNF quand il recevra, en mars prochain, le PDG de Google ! C’est cela son métier ! »

[4Ou du 3 septembre ?

[5Comme ce commentaire laissé par Gli : « Pourquoi les innombrables qui choisissent de ne pas signer avec Google ne font-ils rien pour leur "mission de service public" ? Qu’y-a-t-il d’irrémédiablement perdu ? Voire même, le coup de pied au cul salutaire donné aux innombrables bibliothécaires brutalement sommés de refaire le point sur [leur] rôle social n’est-il pas salutaire ? [Sur ce point du rôle social des bibliothécaires, je ne peux pas reprendre entièrement ce commentaire à mon compte, car de très nombreux bibliothécaires mènent des actions concrêtes : promotion de la lecture publique, organisation de lecture de contes, ou de poèsie, jeux avec les livres pour les enfants, Bibiobus et bibliothèques départementales de prêt pour amener le livre dans les communes isolées, etc.] Si oui, merci Google, et quel dommage d’avoir attendu si longtemps depuis les campagnes contre le "photocopillage" ... Le choix des moyens par lesquels les citoyens du monde peuvent accéder à leur patrimoine augmente et vous trouvez à vous en plaindre ? »

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