Actualités : derniers articles

Blogs juridiques 2017 : les meilleurs annuaires de blogs juridiques français

Ou de l’utilité décroissante des listes de liens — mais pas toutes

Mercredi 22 mars 2017

Récemment, on m’a demandé ce que vaut la liste de blogs d’avocats qui a la cote en ce moment, celle concoctée — un peu vite fait — par le site LegalPlace : Le Top des blogs d’avocats qui vont vous faire aimer le droit.

En un mot : pas mal, peut servir d’introduction aux blogs d’avocats.

Mais :

  • quelques choix contestables à mon avis et surtout ...
  • de nombreuses URL de ces blogs sont manquantes. Le lien envoie en fait souvent vers le compte Twitter ou LinkedIn de l’auteur et non vers le blog, il faut alors googler le titre du blog ou son auteur ou suivre les liens vers les billets tweetés
  • et des manques. Comme par exemple l’incontournable Kpratique

Si j’avais des recommandations à faire (déjà cités ici [1]), je citerais plutôt :

  • une sélection pas tout à fait à jour (sept. 2015) mais plus rigoureuse et plus complète (et non limitée aux avocats) est disponible : le classement des blogs en droit de Teads Labs (ex-ebuzzing, ex-Wikio)
  • mis à jour en 2015 également et là aussi plus riche et plus rigoureux : l’annuaire de blogs juridiques de Juriconline d’Arnaud Dumourier
  • la meilleure liste de sites et blogs de juristes — notamment d’enseignants — est peut-être chez Eve Matringe (blog Jus et natura nihil operantur frustra). Elle appelle ça sa "confiture de liens".

Les annuaires de liens (dits aussi répertoires de sites) sont en perte de vitesse depuis longtemps. Même le survivant del.icio.us est mort de facto [2].

A mes yeux, sauf s’ils réussissent à être n° 1 sur des expressions clés dans Google (sans un travail de SEO acharné et continu, ça ne marche jamais longtemps), ils valent désormais uniquement comme support de formation. Dans ce cas, et s’ils sont bien faits (résumer l’avantage du site en une phrase ou deux), ils sont efficaces, car ils peuvent apprendre aux internautes novices et étudiants à distinguer très vite le bon grain de l’ivraie.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique


Logiciels anti-plagiat gratuits et payants : une sélection

Dimanche 19 mars 2017

Le plagiat existe. Voir pour preuves, celles amassées par le site de référence sur le plagiat — la contrefaçon peut-on dire aussi — dans le milieu universitaire (thèses notamment) : Archéologie du copier-coller est tenu par un enseignant, par Jean-Noël Darde, maître de conférence à l’Université Paris 8. Il y a plus de 10 ans déjà, Le Monde et Le Figaro publiaient des articles sur le phénomène en France [3]. Plus récemment, en 2015, le doyen de l’Université de Reims a envoyé ce courrier à ses étudiants. En 2016 encore, deux affaires défraient la chronique aux Etats-Unis [4].

MémoireOnline notamment, facile d’accès et gratuit, est une source classique de plagiats.

Réalisé avec keepcalm-o-matic.co.uk

Des outils anti-plagiat gratuits mais limités

Voici des outils gratuits recommandés (dans l’ordre décroissant de performance sur du français) suite à un test personnel sur un document que l’on m’a soumis pour vérification :

  • PlagScan
  • plagium
  • Positeo
  • Google.fr : l’outil rapide de base, dès qu’on a un doute. Mais qui ne permet ni exhaustivité ni de vérifier de grosses masses de texte (32 mots maximum [5]).

Je vous encourage à copier-coller vous-même de gros extraits d’un document dans ces outils pour vous faire votre propre idée [6].

Des outils anti-plagiat professionnels payants

D’autres outils recommandés et plus puissants existent mais sont payants (dans l’ordre décroissant de réputation d’efficacité) :

Pour aller plus loin

Comparatifs et listes de logiciels de détection de plagiat :

Pour comprendre comment ces logiciels détectent la fraude — oui, c’en est [7], passible de sanctions [8] —, regardez la page How Do We Detect Plagiarism ? de PlagiarimsCheck.org. Je ne pense pas que tous les petits secrets de détection de ces logiciels y soient donnés, mais au moins les règles de bases.

Enfin, pour comprendre les raisons qui peuvent inciter au plagiat et le favoriser [9], voir l’excellent cours (PDF, 37 pages) et tutoriels vidéos de Rémi Bachelet (ingénieur et enseignant chercheur à Centrale Lille), disponibles en licence Creative Commons.

Le cours et les vidéos de R. Bachelet explique aussi comment éviter le plagiat aux étudiants qui peuvent parfois le commettre sans s’en rendre compte ou se mettre dans des situations qui les y conduisent, par exemple en se mettant au travail à la
dernière minute. On peut aussi lire (plus court) le Petit guide sur le plagiat (PDF, 8 pages) publié par l’Université de Reims.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique, qui eut autrefois une partie de son site contrefait ...


Les Surligneurs démasquent les absurdités juridiques racontées par les hommes politiques

Dimanche 5 mars 2017

Les Surligneurs : voilà un nouveau site juridique avec une magnifique charte graphique.

Mais c’est aussi une idée géniale pour redonner au droit une actualité et un certain lustre.

Car ce site est fait par des juristes universitaires qui commentent l’actualité d’un point de vue purement juridique. Très instructif sur les promesses souvent intenables — notamment juridiquement — des hommes et femmes politiques, candidats et futures élus.

Après le "fact checking", le "legal checking". Les chroniqueurs des médias feraient bien d’aller y puiser de temps à autre.

Les Surligneurs est un projet issu du centre de recherches en droit public Versailles Institutions Publiques (VIP), sans qui le site ne pourrait exister. Le projet est une initiative de l’enseignant Vincent Couronne, qui assure la direction de la publication du site.

Pour mieux comprendre le projet et pour plus d’informations, lisez


Dernières brèves

Zotero, Endnote, Mendeley

Les logiciels de gestion de références bibliographiques recommandés en droit

Payants, gratuits, styles bibliographiques adaptés au droit français, comparatifs ...

Jeudi 2 mars 2017

Lire la suite »

Vous avez un mémoire ou une thèse à faire ? Vous écrivez souvent des articles pour des revues juridiques ? Vous avez du mal à gérer vos références bibliographiques dans Word ou Libre Office ? Vous voudriez pouvoir faire facilement une recherche dans les articles que vous avez repérés ?

Les logiciels de gestion de références bibliographiques ("reference managers" en anglais) sont faits pour vous.

En droit français, on peut en recommander trois [1], solidement établis.

Payants

- Endnote (ex-groupe Thomson Reuters, désormais groupe Clarivate Analytics) :

- Mendeley (groupe Elsevier, entité membre du groupe qui possède LexisNexis) :

Gratuit

- Zotero (open source) :

Existe t-il des styles bibliographiques pour le droit français (doctrine) pour ces logiciels ?

- Zotero : non, stricto sensu. Mais le style ISO 690 French en format Note [de bas de page] (disponible dans le « repository » de Zotero : https://www.zotero.org/styles/iso690-note-fr) s’avère le plus souvent suffisant en pratique d’après Rémy Lérignier, documentaliste juridique et formateur rattaché à la faculté de droit de Poitiers (où il forme et assiste les thésards) et connaisseur du sujet. A propos de ce style, en cas de difficulté, lire cette discussion le forum de Zotero.org.
D’après R. Lérignier, également, s’il y a peu de scories dans le résultat final, les styles de Zotero peuvent se corriger en suivant des tutoriels disponibles sur Internet.
Pour la citation de jurisprudences françaises avec Zotero, voir la discussion sur le forum de Zotero.org.

- Endnote : a priori non. Mais voir si le style GuideLluellesUdeM (basé sur le Guide des références pour la rédaction juridique, 7e édition donc un ouvrage québécois …) que des Québécois de l’Université de Montréal ont développé pour le droit canadien peut convenir. Pour se faire une idée, voir ce PDF.

- Mendeley : a priori non. Toutefois, d’après R. Lérignier, les styles Mendeley et Zotero sont très proches (à creuser).

Pour aller plus loin

Deux guides pour choisir son "reference manager" :

Pour plus d’information, interrogez les supports/assistances des divers logiciels (voir sur leur site web) ou, par Google, utiliser la requête suivante : [nom du logiciel] style bibliographique droit

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique


La revue Droit Ouvrier renaît en ligne

A part les 24 derniers mois (payants en papier), les archives sont gratuites sur le web

Lundi 6 février 2017

Lire la suite »

La revue de droit social de la Confédération générale du travail (CGT), Droit Ouvrier (DO) [3], a vu son site web enfin remis à jour. Nouvelle adresse : ledroitouvrier.cgt.fr

Motorisé par le logiciel de gestion de contenu (CMS) [4] Spip (qui équipe aussi ce blog), beaucoup plus clair, bien mis en page, le site propose la revue :

  • payante et en papier sur les 24 derniers mois (principe de la barrière mobile — "moving paywall" — adoptée par exemple par les revues de l’excellent portail de revues en sciences humaines et sociales (SHS) Cairn). Le formulaire d’abonnement est disponible ici. Le comité de rédaction précise dans le numéro de février 2017 qu’ils n’ont pas les moyens de de proposer un abonnement électronique
  • archives gratuites depuis 2004 au format PDF. Le comité de rédaction annonce qu’ils vont alimenter le site pour remonter à l’année 2000.

Qu’est-ce que Droit ouvrier ? Présentation de la revue à partir d’’extraits de la page A propos :

  • les auteurs sont bénévoles : la revue ne dispose d’aucun personnel salarié ou mis à disposition
  • Droit Ouvrier est destiné à un public de juristes qu’il s’agisse de praticiens (conseillers prud’hommes, avocats spécialisés en droit social, défenseurs syndicaux, magistrats professionnels) ou d’universitaires et étudiants (les bibliothèques universitaires des facultés de droit sont fréquemment abonnées — dont la mienne :-). A noter que les avocats en droit du travail sont des lecteurs assidus, qu’ils travaillent du côté employeur ou du côté employé. Ce qui montre bien le côté "incontournable" et la qualité de cette revue
  • la revue est un mensuel (12 numéros par an) d’une soixantaine de pages.

Chaque numéro de Droit ouvrier est traditionnellement composé de deux ou trois parties — quatre si on prend en compte les pages 3 et 4 de couverture :

  • première partie : des articles dits "de doctrine" c.a.d. des études portant un regard approfondi sur un domaine du droit social : licenciements économiques, négociation des conventions collectives, contrats précaires, prérogatives des comités d’entreprise, grève, clauses des contrats de travail, fonctionnement des conseils de prud’hommes, droit disciplinaire ...
  • deuxième partie : des décisions de justice (la "jurisprudence") sont reproduites et commentées ; depuis l’origine, l’une des spécificités se trouve dans la publication d’arrêts de la Cour de cassation mais également de décisions des juges de première instance (Conseil de prud’hommes, Tribunal d’instance ou de grande instance, Cour d’appel)
  • troisième partie : en fonction de l’actualité, des panoramas de jurisprudence sur des thèmes divers (droit social européen, procédure prud’homale, droit constitutionnel, protection sociale, droit administratif du travail, etc.)
  • enfin, une sélection de 12 à 15 arrêts récents faisant l’objet de résumés est systématiquement proposée en pages 3 et 4 de couverture.

Pour la nouvelle année 2017, voici quelques ouvrages nouveaux en droit ... et rares

Droit et comptabilité, droit pétrolier africain, conflits d’intérêts en droit financier, assurances de dommages

Mercredi 25 janvier 2017

Lire la suite »

J’avais déjà signalé des thèses de valeur ici, portant sur des sujets rarement traités.

Voici, pour fêter "bibliographiquement" la nouvelle année, d’autres parutions récentes, rares également de par leur sujet :

- Droit et comptabilité : la spécificité des comptes publics / dir. Sébastien Kott, 507 pages, Economica 2017
L’intersection entre droit et comptabilité : sujet très rarement traité. Le directeur de cet ouvrage collectif, professeur à l’Université de Poitiers, est un spécialiste du sujet.
L’ouvrage est le résultat d’un projet de recherche, dont M. Kott était le responsable, sur les interactions entre droit public et la comptabilité publique, projet mené à partir de décembre 2012 [5]

- L’exécution des décisions de justice prud’homales / Marien Malet, 160 pages, LexisNexis 2016, coll. Droit & Professionnels
Marien Malet est huissier de justice et titulaire du master 2 Droit processuel, procédures et voies d’exécution (Université Lumière Lyon 2).

- Le droit pétrolier et minier en Afrique / Thierry Lauriol / Emilie Raynaud, 592 pages, LGDJ 2016, coll. Droits africains

- Les conflits d’intérêts en droit financier / Jean-Baptiste Galvin, thèse, 680 pages, IRJS 2016
La thèse [6] a été réalisée sous la direction d’Alain Couret, un spécialiste de la matière. Il est intervenu par exemple dans le dernier MOOC de droit des entreprises du professeur Bruno Dondero. Et dans le jury de thèse, on retrouvait, en plus de M. Dondero, Dominique Schmidt, Françoise Drummond et Thierry Bonneau — soit la crème des enseignants en droit financier. Les professeurs Bonneau et Drummond sont notamment les auteurs du réputé traité Droit des marchés financiers (2010) chez Economica — hélas non mis à jour depuis.

- Les assurances de dommages / Jean Bigot, Jérôme Kullmann, Luc Mayaux, (1ère éd., LGDJ 2017, coll. Traités, 1016 pages
Le tome 5 du célèbre et incontournable Traité de droit des assurances (sous la direction de J. Bigot) est enfin paru !

Bonne année aux libraires qui nous aident à sélectionner et commander les ouvrages.

Bonne (et sérieuse ... :-) lecture à tous !

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste veilleur juridique


 

Page parrainée par Convention.fr, le spécialiste des conventions collectives et affichages