Actualités : derniers articles

Homère, blogueur juridique

Le blog de droit des affaires de Sébastien Robineau

Jeudi 14 juin 2018

Sébastien Robineau est avocat au barreau de Paris (cabinet Homère), docteur en droit, spécialiste du droit des sociétés ... et blogueur sous le titre Les carnets juridiques de Homère.

Il blogue sur le droit des affaires au sens large, droit social, droit de la propriété intellectuelle ou droit fiscal compris. Il blogue tranquillement, avec une moyenne de deux billets par mois mais sans chercher à être régulier, en s’inspirant d’une actualité juridique discrète, comme par exemple un arrêt inédit du Conseil d’Etat ou une réponse ministérielle sur la confidentialité des comptes de résultats des PME. Comme tout avocat, ses dossiers, ses clients sont plus importants que ses publications — c’est normal et sain.

Sa cible, ce sont les PME. Son mode d’écriture est en accord : bref et vulgarisateur, tout en restant quand même précis et juridique dans les termes. On n’est pas chez un journaliste. La mise en page est claire et aérée.

La biographie et la photo de l’avocat auteur du blog sont systématiquement présentes sur chaque billet, dans la colonne de droite. Excellent effet marketing.

En conclusion, encore un blog d’avocat malin, bien présenté, lisible et efficace côté marketing, comme celui du cabinet BMBG. Mais dans un style différent :

  • au lieu d’avoir créé son propre système de blogging, il utilise celui du site L’Entreprise, devenu un sous-domaine de L’Express.fr. Donc moins de personnalisation et pas de proximité immédiate de son site "corporate". Mais zéro souci de maintenance et de référencement
  • il blogue plus fréquemment que BMBG.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


La documentation juridique en ligne : un stage pour s’y initier

Mardi 12 juin 2018

Vous venez d’être nommé dans un centre de documentation juridique, vous devez assister une direction juridique et vous n’avez jamais fait de droit ? Et le droit n’est pas votre tasse de thé ou vous semble compliqué. Pas d’inquiétude. Le stage Adbs Initiation à l’information juridique a été conçu pour vous. Il se tient les 28 et 29 juin.

Il fournit les bases indispensables pour :

  • comprendre les grands concepts du droit
  • isoler les grandes sources du droit en ligne
  • décrypter une référence bibliographique en droit
  • savoir chercher du droit.

Le stage a lieu à la Bibliothèque Cujas, proche du centre de Paris, juste à côté du grand jardin du Luxembourg.

On y apprend :

  • ce qu’est, concrètement, le droit : pour vous dans la vie quotidienne, pour les juges et les avocats, pour les entreprises
  • les principaux sites et bases de données juridiques qu’on utilise dans les bibliothèques et centres de documentation
  • comment vous y retrouver dans la littérature juridique en ligne
  • avec plein d’exemples.

Il dure deux fois sept heures, avec une heure et demie de pause déjeuner.

Ambiance presque familiale et détendue, mais studieuse en même temps. Vous pouvez poser toutes les questions qui vous démangent.

Ce stage s’adresse à celles et ceux :

  • qui arrivent en BU de droit sans jamais en avoir tenu ce poste
  • qui, anciennes assistantes, se sont reconverties en documentalistes en centre de documentation juridique
  • qui, bien que documentalistes depuis longtemps, ont récemment été nommés à un poste où les ressources juridiques sont importantes.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique, formateur Adbs

La salle de lecture de la Bibliothèque Inter-Universitaire Cujas


Une fable moderne

L’industriel, le communicant, le consultant, le journaliste et le professionnel

Et la morale de l’histoire

Lundi 11 juin 2018

— L’industriel (au communicant) : « On a besoin de vendre ce nouveau produit/logiciel. »
[Traduction : on s’est lancé trop tôt/trop vite/sans véritable étude de marché parce que nos produits traditionnels se vendent moins bien. On a beaucoup investi là dessus, résultat ça nous coûte un bras et les ventes ne décollent pas. Or l’équilibre financier de la boîte en dépend.]

— Le communicant/marketeur : « On va lancer une campagne de publicité et de communication. »
[Traduction : on va demander aux médias chez qui on place de la pub de parler du produit ou de son concept novateur en bien dans leurs articles et on va demander aux consultants qui bossent pour nous de le recommander dans leurs formations et sur leurs blogs.]

— Le consultant : « On m’a dit qu’il y a un nouveau concept/produit. Mes clients et collègues me disent que c’est bien. »
[Traduction : si je veux continuer à vendre à mes clients industriels des conseils et des formations, et avoir l’air dans le coup, il faut que je recommande la dernière mode. De toute façon, nouveau produit égale nouveaux conseils et nouvelles formations.]

— Le journaliste : « Il y a un nouveau concept/produit. Il faut qu’on en parle. »
[Traduction : mon directeur de la rédaction m’a fait comprendre que je dois écrire dessus, c’est un annonceur important. De plus, les consultants n’arrêtent pas d’en parler.]

— Le professionnel : « Il y a un nouveau concept/produit. Mes clients et donneurs d’ordres internes me disent que c’est bien, que les concurrents l’ont, qu’il faut le prendre. »
[Traduction : je n’ai pas le choix, je dois suivre le courant.]

Moralité : il suffit à l’industrie de mettre quelque chose à la mode pour que le secteur l’achète. Les besoins réels comptent peu. Même les entreprises vivent dans une société de consommation [1].

A moins que ...

A moins que le professionnel développe ses connaissances des produits et ses compétences d’acheteur, de communicant et d’influenceur. Qu’il développe une maîtrise de la chaîne et une connaissance fine de ses acteurs. Qu’il travaille avec les responsables financiers et les utilisateurs. A ce prix, il empêchera certaines erreurs. Pour le reste, "go with the flow". Le système possède une inertie formidable et les industriels n’écoutent guère.

A moins que des professionnels créent ou animent des associations de type consumériste où on produit, avec la coopération des industriels volontaires, des comparatifs et des guides de bonnes pratiques, et où on aide d’autres professionnels à évaluer les produits des industriels et à argumenter face à leurs offres.

Ca demande pas mal d’implication et de temps, mais on me dit que ça existe.

Emmanuel Barthe


Dernières brèves

Les commentaires sous les articles de presse en ligne : inutiles et nocifs

Vendredi 8 juin 2018

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Des commentaires sous l'article du Parisien du 8 juin 2018 sur le refus d'intervention des militaires au Bataclan

Les commentaires sous les articles de presse en ligne, à quelques exceptions près (le Financial Times par exemple) sont toujours aussi inutiles et sentent toujours aussi mauvais.

Un exemple récent sur le site du Parisien (groupe Les Échos Le Parisien), sous cet article, dont le sujet est un véritable miel à mouches :
Bataclan : des familles de victimes demandent des comptes à l’Etat, Le Parisien.fr 7 juin 2018

Florilège de com’ :
« Bon courage et bonne chance sa va être très long depuis des années ont protèges les assassins aux noms de présomption d’innocence et Taubira qui en remis une couche ces années vont être chère en vie humaine »
« Cette anomalie choquante laisse à penser que le donneur d’ordre, donc le gouvernement, était secrètement complice des islamistes. Quelle autre explication ?? »

Et ce, malgré les précautions louables mais insuffisantes prises par les journaux : obligation de s’inscrire (création d’un compte ou, plus souvent, connexion à son compte Google ou Facebook) ou carrément d’être client, amélioration des outils et chartes de modération (notamment l’implémentation croissante de Disqus ou Netino).

Dans le cas présent, Le Parisien n’exige que le minimum : se connecter à son compte Google ou FB. Insuffisant.

Soyons franc : les journaux, tout comme les réseaux sociaux, "kiffent" les commentaires, le débat, les scandales. En effet, tout ce qui fait le buzz apporte du trafic, donc des revenus publicitaires.

Mais certains se sont rendus compte que le gain était très faible, et les dégâts sur les articles, notamment en terme d’agressivité, désastreux. Ceux-là ont supprimé les commentaires. Un exemple : l’hebdo belge Le Vif/L’Express (groupe Roularta) a décidé de fermer la possibilité de commenter les articles sur son site.

Très franchement, personnellement, c’est pour moi un soulagement que de ne pas tomber sur ces com’ nauséabonds.

La réalité, c’est que les gens heureux n’ont la plupart du temps rien à dire, et les mécontents toujours trop à (mé)dire.

De surcroît, le niveau de connaissance moyen du commentateur d’article en ligne est tel qu’il n’apporte aucune information ni aucun argument supplémentaire à l’article. Qui plus est, la plupart des gens commentent sans avoir lu en entier et s’ils ont lu, sans pleinement comprendre. En analysant 70 millions de commentaires depuis dix-sept années, le quotidien britannique The Guardian est arrivé à une conclusion assez déprimante : la zone en bas de ses articles se transforme souvent en champ de bataille et le débat "constructif" entre ses lecteurs est rare.

Les forums, y compris sur les réseaux sociaux (particulièrement Facebook et Twitter [1]), sont d’abord et avant tout un gigantesque défouloir pour les radicaux de tout poil, avec une préférence pour le racisme, l’europhobie et l’anti-mondialisation. Côté politique, l’extrême-droite, très active, est devant l’extrême-gauche. Le reste du spectre politique est quasiment absent [2].

Je le redis : lire les commentaires sous les articles de presse en ligne :

  • me fait désespérer de la nature humaine
  • me donne parfois envie de vomir
  • et me fait perdre mon temps.

On cite souvent le chiffre de 90% de spam parmi la masse d’emails [3]. Il faudrait aussi se poser la question pour le Web. Quel est le taux de déchets informationnel et idéologique sur le Web ?

Et la question de la lutte contre cela. Messieurs-dames de la presse, le fact-checking [4], c’est bien. Mais supprimer les commentaires sous les articles, ce serait mieux.

Emmanuel Barthe
veilleur


Emmanuel Barthe : La recherche par les bases

(Longue) interview sur Ekipio

Mardi 5 juin 2018

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La web radio Ekipio, animée par deux juristes, m’a interviewé en février.

Au menu :

  • recherche juridique. Les bases de la recherche, pourquoi les sites syndicaux sont mal indexés par un certain moteur, de l’importance de la formation à la recherche en ligne en faculté de droit ...
  • pourquoi on blogue
  • importance du "personal branding" pour les métiers du droit.

NB : vous constaterez que ma voix est distante, avec un peu d’écho, un effet caverne. C’est le coup du débutant : bien que prévenu, je ne parle pas assez "dans le micro".

Pour écouter le podcast :

D’autres émissions récentes d’Ekipio (sélection personnelle) :

Laissez vous tenter. Ekipio travaille bien son sujet avant l’interview. Ils font du bon travail.


Presse française : les agrégateurs/banques de données

Pressed est le plus riche en contenu de presse française, Newsdesk surveille toute source en ligne

Lundi 4 juin 2018

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Quatre acteurs majeurs se partagent le marché français des banques de données de presse française. Les autres, notamment les sociétés ex-de "clipping", ne font que de la veille presse sur ce qu’on dit sur une société (les solutions listées infra savent aussi le faire), ils ne fournissent pas de véritable interface de recherche et ne gèrent pas le paiement des droits [5].

- Pressedd de l’Européenne de données (EDD) :

  • Contenu :
    • banque de données en texte intégral de presse francaise : pratiquement tous les quotidiens généralistes, économiques et régionaux (seul revendeur de l’offre de panorama de la PQR France Actu Régions), l’AFP, la grande majorité des magazines/hebdomadaires généralistes (L’Express, Le Point, Le Nouvel observateur, ...) et économiques (L’Expansion, Challenges, Valeurs actuelles, ...) et une part très importante de la presse spécialisée
    • presse en ligne / sites de presse
    • télévision et radio
  • Abonnement.
  • Interface de recherche experte
  • Possibilité de créer des panoramas de presse automatisés (paiement forfaitaire selon nombre d’articles visualisés prévu, y compris les droits de reproduction par e-mail et sur l’intranet) [6].
  • Points forts :
    • ce qui distingue Pressed de ses concurrents banques de données de presse rivales Europresse et LexisNexis France, c’est la quasi-exhaustivité de l’offre en PQN et sa très grande richesse en PQR, inégalée par les concurrents [7]
    • EDD commercialise aussi une version plus simple à interroger et "veiller" de sa base : Premedd. La veille se fait alors sur le simple n° RCS de l’entreprise et non plus sur des mots-clés. Avantages : le "bruit" des résultats disparaît quasi-totalement et on ne rate rien de ses cibles de veille. Inconvénient : sur les grandes sociétés, on peut être inondé.
  • Points faibles cités :
    • les tarifs, certes un peu dégressifs, mais qui restent proportionnels à la consommation
    • l’ergonomie et l’organisation de la nouvelle version de 2015.

- Europresse, ex-société québécoise Cedrom-Sni, passé en 2018 entre les mains de Cision, une entreprise de veille médias et veille concurrentielle, dont le logiciel répond au nom de RP (comme Relations Publiques) :

  • Contenu : banque de données en texte intégral de presse anglophone et surtout francophone : de la presse anglophone et de la presse française et francophone (Le Soir de Bruxelles, ...), avec notamment les quotidiens généralistes (Le Monde, Libération, ...) et économiques (Les Echos, ...) français, les principaux news magazines français (L’Express, Le Point, ...) et certains titres de la presse quotidienne régionale (Le Progrès de Lyon, ...).
  • Abonnement [8].
  • Possibilité de créer des panoramas de presse automatisés avec paiement des droits d’auteur intégré.
  • Points forts cités :
    • simplicité de l’interface
    • certains tarifs.
  • Points faibles : le faible contenu de presse français, même si le strict essentiel y est (voir la liste des sources).

- Newsdesk de LexisNexis [9] de LexisNexis (France) Business Information Services (BIS) :

  • Contenu :
    • banque de données de presse d’abord américaine et anglaise mais aussi française : essentiellement les principaux titres de la PQN (Le Monde, Les Echos, ...) et des news magazines généralistes (L’Expansion, Le Point, ...). En réalité, son contenu français en texte intégral sous licence n’est autre que celui de Factiva, le partenaire presse du groupe LexisNexis, que ce dernier a imposé aux cabinets d’avocats aux Etats-Unis [10]
    • sites de presse et blogs sélectionnés. On peut même ajouter ses propres sources
    • réseaux sociaux
    • télévision et radio
  • Abonnement.
  • Possibilité de créer des panoramas de presse automatisés diffusables par e-mail ou intranet. Paiement des droits d’auteur intégré.
  • Points forts cités :
    • interface à l’ergonomie bien travaillée [11]
    • possibilité la première année d’abonnement de tarifs totalement forfaitaires (i.e. non fonction de la consommation [12]).
  • Points faibles :

Vers 2012-2014, les grands agrégateurs incluent les sites web de presse et une sélection de blogs dans leur index, reconnaissant de facto leur qualité de source d’information et leur utilité pour la veille et concurrençant ainsi enfin Google News (Google Actualités).

Fin 2017, début 2018, avec la mise en avant par LexisNexis de Newsdesk (et le retrait prévisible de Lexis Publisher vu l’absence de mise à jour) puis le rachat d’Europresse par Cision, se confirme une évolution des bases de presse vers un modèle plus large de base de veille médias destiné non seulement aux veilleurs et documentalistes pais aussi voire surtout aux communicants et marketeurs.

- En effet, le quatrième agrégateur de presse en France est un agrégateur de facto, pas de juro : Google Actualités (Google News), souvent associé par ses utilisateurs aux alertes e-mail de Google Alert. Même si son propriétaire considère qu’il n’a pas à payer la presse pour l’indexation (et les extractions substantielles qu’il opère quotidiennement) de leurs sites [14], le robot indexeur de Google n’est pas bloqué par la presse française, il faut le noter. Pour autant, il est de moins en moins adapté aux besoin des professionnels de la veille presse :

  • le problème n° 1 avec Google News, c’est qu’il n’offre aucun contrat sur les droits d’auteur pour diffuser une veille presse. Rediffuser sa veille Google Actualités est totalement illégal par conséquent. Mais, me direz-vous, on peut inciter les utilisateurs à créer leurs propres alertes Google, n’est-il pas ? Ce contournement a ses propres limites ...
  • le problème avec Google News, au-delà, c’est sa couverture nettement plus limitée : articles payants ou non publiés sur le Web sont exclus, les sites de presse réduisent le nombre d’articles gratuits, et le moteur de recherche de GNews ainsi que les performances de Google Alert se dégradent avec le temps. Google News a subi une nouvelle version en juin 2018, plus adaptée aux mobiles qu’autre chose, et la régression continue. Ma collègue Carole Tisserand Barthole de FLA Consultants analyse ainsi ce dernier épisode : « certains éléments et fonctionnalités ont disparu de la nouvelle interface rendant tout simplement la veille et la recherche sur Google Actualités beaucoup moins fonctionnelle. On mentionnera :
    • tout d’abord une perte de contexte. Pour chaque actualité, on ne dispose plus des premières lignes de l’article ou des mots-clés en contexte et il est donc plus difficile de se faire une idée précise de ce que peut contenir l’article
    • une absence d’estimation du nombre de résultats et de possibilités de filtrage par date. Il n’y a plus aucune notion du nombre de résultats et les résultats s’affichent et s’ajoutent au fur et à mesure que l’on fait défiler la page [...]
    • une impression trompeuse d’exhaustivité avec le bouton « Voir la couverture complète » disponible sous certaines actualités. Si Google agrège bien quelques articles et autres contenus vidéos ou tweets tout à fait pertinents, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une simple sélection d’articles récents sur un sujet et que cela n’inclut pas l’intégralité des articles sur le sujet indexés par Google lui-même...
    • des flux RSS devenus a priori invisibles »
  • un énorme avantage de Google News demeure toutefois : avec ses algorithmes machine learning et guidé par les liens hypertextes, il rassemble plus aisément que les agrégateurs un ensemble d’articles pertinents et de (plutôt bonne) qualité sur un sujet donné.

Conclusion : les agrégateurs ont nettement progressé, mais ils ont encore du pain sur la planche.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, veilleur, formateur


 

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