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Le Web est vide

L’internet gratuit manque à la fois d’exhaustivité, de fond et de sens critique

Jeudi 28 juillet 2016

Presque chaque fois que je cherche du contenu de qualité sur le Web gratuit je bute sur une limite : celle qui sépare le payant du gratuit, l’exhaustivité/qualité/argumentation détaillée du bavardage et du marketing.

Le café du commerce et les communicants ont gagné. Le Web — qui est devenu l’essentiel de L’internet — est devenu leur domaine.

Tant de documents, tant de données ... Et si peu de sens. Notamment de sens critique. Même chez Wikipedia ... [1]

Le Web répète jusqu’à plus soif les mêmes informations, qui recopient le plus souvent elles-mêmes les mêmes dépêches [2] et les mêmes communiqués de presse.

Et par certains côtés, tant mieux. Parce que la qualité, ça demande tellement de travail, que ce n’est que justice que ça se paye. Seules de très grosses organisations (gouvernements, fondations) ont les moyens — et parfois l’obligation — publier du contenu de qualité gratuit.

Vous pensez que j’exagère ?

Prenez une question simple et ras-de-terre : en matière de garde des enfants après un divorce, que signifie exactement "semaine paire" (ou impaire) ? La difficulté est la suivante : la première semaine de l’année (autrement dit la semaine de référence, celle à partir de laquelle on compte les autres comme paires ou impaires) est-ellle celle comprenant le 1er janvier (même si cette semaine est incomplète) ou bien la première semaine complète appartenant entièrement à la nouvelle année ?

C’est une question vitale pour des millions de personnes en France mais elle n’a aucune réponse gratuite sur Internet. Vérifiez. Vous trouverez des réponses. Mais fausses, non fiables, ou insuffisamment claires. Les forums de discussion sont ainsi très bien indexés par Google et pourtant ... Même les sites d’avocats, sans écrire des erreurs, ne définissent pas clairement les semaines paires et impaires.

Vous voyez ? Une question aussi basique et intéressant des millions de personnes reste sans réponse valable sur le Web. Alors, si vous espérez des articles fiables sur des questions d’actualité comme le réchauffement climatique ou la croissance économique, accrochez-vous !

Ils peuvent exister. Parfois. Mais enfouis trop profondément dans les résultats des moteurs de recherche pour qu’ils aient la moindre chance d’informer le débat. Le débat sera essentiellement informé par deux dizaines de pseudo-articles de presse en ligne [3], des tweets retweetés 500 fois et plus, par des vidéos virales postées sur Youtube. Voilà.

Bienvenue dans l’"infotainment" en ligne. La nouvelle version du « temps de cerveau disponible » [4].


Les motivations des participants à un projet collaboratif

Des motivations souvent non explicites

Lundi 25 juillet 2016

Jean-Luc Abelin, consultant KM et collaboration, expose sur ses pages Pulse LinkedIn les motivations (souvent non explicites) des participants à un projet collaboratif intra-groupe [5] [6].

La question des motivations des participants à un projet collaboratif hors d’une entreprise/groupe, cas devenu fréquent en France ces dernières années, notamment avec les hackathons, est tout aussi intéressante. A noter que dans ce cas, les membres du projet n’ont pas d’emploi au sein de la structure de référence.

Dans le cas du hackathon, on retrouve les ressorts de type psychologique évoqués par J.L. Abelin (atteindre ses objectifs, reconnaissance professionnelle, individuelle, altruisme, besoin d’apprendre, fierté ...).

Mais aux motivations citées par J.L. Abelin s’en ajoutent d’autres — très importantes :

  • le désir d’entrer dans une communauté, parfois simplement pour échanger sur ses opinions et ses choix techniques/technologiques
  • la veille technologique : voir où en sont les collègues, les concurrents et les start-ups, qui plus est à la source
  • et l’espoir de décrocher in fine une prestation rémunérée en démontrant ses capacités et en liant connaissance avec des donneurs d’ordre potentiels.

Ces motivations, très rarement explicitées, sont à prendre en compte dans l’organisation réussie d’un projet collaboratif dans le cadre associatif ou hackathon.

Emmanuel Barthe
documentaliste, veilleur, webmestre

NB : ce billlet résulte de mon expérience au forum Open Law en 2014-2015, dans le premier programme/la première série de défis. J’ai initié et participé au projet de sommaire interactif du JORF Lois et décrets et de veille sur ce JO. Ce projet a obtenu le 3e prix OpenLaw décerné par la DILA en décembre 2014 [7] et début 2015 le site jo.toutelaloi.fr.]]


Open data : au tour de la base SARDE

Le "thésaurus" des textes publiés au JORF

Lundi 13 juin 2016

Communiqué DILA début juin 2016 :

« L’éditeur officiel français, la DILA, poursuit son travail de mise à disposition de ses données et ouvre la base SARDE.

SARDE (Système d’Aide à la Recherche Documentaire Elaborée) est un référentiel conçu pour alimenter un mode de recherche thématique sur la majeure partie des textes législatifs et réglementaires en vigueur.

Sont référencés les textes publiés dans l’édition "Lois et décrets" du Journal officiel ainsi que dans les Bulletins officiels diffusés par la DILA.

Ce référentiel comporte environ 16000 descripteurs organisés sur 2 niveaux hiérarchiques. »

La base est téléchargeable gratuitement et librement sur le Répertoire des informations publiques (RIP) de la DILA.

SARDE est un quasi-thésaurus. Sur Legifrance, elle permet une recherche par un sujet (large ou précis) sur les textes officiels et les Codes.


Dernières brèves

Un moteur de recherche unique pour les informations légales

Le Portail de la publicité légale des entreprises (PPLE) est enfin en ligne

Vendredi 10 juin 2016

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Sur la liste Juriconnexion, Elsa signale que les trois acteurs du domaine de la publicité légale : l’Association de la Presse pour la Transparence Economique (APTE) [1], le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce (CNGTC) et la Direction de l’information légale et administrative (DILA), mettent à la disposition des usagers, depuis mars 2016, un nouveau portail d’accès à la publicité légale des entreprises.

Pour en savoir plus :

Attention : à part le BODACC, les résultats du moteur de recherche du site PPLE renvoie vers des ressources partiellement payantes. Il s’agit des sites Infogreffe et Actulégales :

En clair, PPLE, dont la sortie était initialement prévue pour mars 2015, est un méta-moteur pour ces trois sites afin de faciliter les recherches et la veille sur les entreprises.

Ce site est le résultat du travail d’un groupement d’intérêt public (voir la convention constitutive de ce GIP) regroupant justement les trois organismes sus-mentionnés, créé par arrêté du Premier ministre du 3 février 2014 [3].

Point très positif : il semble bien que cette fois, les entreprises d’Alsace Moselle (département du Bas-Rhin et Haut-Rhin et de Moselle), jusqu’ici hors des principales plateformes comme le notait Didier Frochot, ont été incluses : un exemple avec la liste des entreprises du Bas-Rhin.

Emmanuel Barthe
veilleur et formateur


Une chronologie

Open data et données juridiques publiques en France : les pouvoirs publics sont lancés

La preuve par 10

Dimanche 5 juin 2016

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Finalement, le rapport de juillet 2011 rédigé par Mines Paris Tech pour le ministre en charge de l’économie numérique et la Délégation aux Usages de l’Internet "Les données publiques au service de l’innovation et de la transparence - Pour une politique ambitieuse de réutilisation des données publiques" (PDF) [4] et le débat sur l’opportunité de la gratuité des données publiques n’auront pas accouché d’une souris [5]. En tout cas dans le domaine juridique.

En effet, côté données juridiques publiques, les pouvoirs publics français sont vraiment lancés dans l’open data. La preuve par 10 chronologiquement :

- Mai 2011 : le Premier ministre François Fillon pose la nouvelle règle [6] : « la gratuité est le principe, la redevance l’exception » par sa circulaire du 26 mai 2011 relative à la création d’Etalab [7].

- 5 décembre 2011 : lancement du site Data.gouv.fr [8].

- 2012-2014 : ce n’est pas de l’open data mais ça va dans le sens de l’open data, ça accompagne ce mouvement : adoption des numéros et URL (adresses web) stables ECLI(European Case Law Indentifier [9] par la Cour de cassation et le Conseil d’Etat et le Conseil constitutionnel en 2012 et 2013 [10] et ELI (European Law Identifier [11]) par la DILA en octobre 2014. ECLI et ELI permettent de citer (et à terme rechercher, y compris par des automates) respectivement les décisions de justice des juridictions des de l’Union européenne et des Etats membres et les textes officiels adoptés par l’UE et les Etats membres [12]. Même les JO ont leur ELI. Exemple : le JORF du 5 novembre 2014 http://www.legifrance.gouv.fr/eli/jo/2014/11/5 On voit aussi les ELI sous deux formes (selon que le texte a un numéro ou pas, par exemple pour les décrets), mais, par défaut, le NOR est intégré. Exemple pour le décret n° 2014-1315 du 3 novembre NOR : FCPT1413681D : ELI : http://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2014/11/3/FCPT1413681D/jo/texte ; ELI : http://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2014/11/3/2014-1315/jo/texte ECLI et ELI avaient préalablement été adoptés en 2011 et 2012 respectivement au niveau européen.

- 2013 : le Sénat publie les bases suivantes en open data sur le portail dédié data.senat.fr [13] :

  • les travaux législatifs (base Dosleg) : ensemble des informations sur les documents parlementaires déposés au Sénat (références depuis octobre 1977 et liens vers le texte intégral depuis octobre 1995)
  • les amendements (base Ameli) : ensemble des amendements déposés au Sénat en commission (depuis octobre 2010) et en séance publique (depuis octobre 2001)
  • les questions (base Basile-questions) : ensemble des informations sur les questions écrites et orales posées par les sénateurs au Gouvernement (références et/ou texte intégral selon la date de la question)
  • les comptes rendus des débats : ensemble des informations relatives aux comptes rendus intégraux de la séance publique depuis janvier 2003. Les comptes rendus intégraux eux-mêmes seront prochainement disponibles.

- Juillet 2013 : Un article discrètement niché dans la loi Fioraso sur l’enseignement supérieur [14] élargit aux chercheurs l’accès aux données de l’administration fiscale [15], jusque là particulièrement bien protégées, sous réserve d’un engagement de confidentialité [16] : « L’accès des tiers, à des fins de recherche scientifique, aux informations recueillies à l’occasion des opérations de détermination de l’assiette, de contrôle, de recouvrement ou de contentieux des impôts, droits, taxes et redevances prévus au code général des impôts peut être autorisé par décision du ministre chargé du budget, après avis favorable du comité du secret statistique institué par l’article 6 bis de la loi n° 51-711 du 7 juin 1951 sur l’obligation, la coordination et le secret en matière de statistiques. » Il s’agit de l’article 104 de la loi, qui modifie l’article L. 135 D du Livre des procédures fiscales (LPF) (voir l’article modifié).

- Novembre 2013 : publication du rapport Trojette sur l’ouverture des données publiques. Son titre est explicite : "Ouverture des données publiques - Les exceptions au principe de gratuité sont-elles toutes légitimes ?" La Gazette des communes le dit à sa façon : Open data : Le rapport Trojette habille pour l’hiver les redevances sur les données publiques.

- Juin 2014 : les licences Legifrance deviennent gratuites et quasi-open data [17] par le décret n° 2014-648 du 20 juin 2014 modifiant le décret n° 2002-1064 du 7 août 2002 relatif au service public de la diffusion du droit par l’internet [18] et son arrêté d’application du 24 juin 2014 relatif à la gratuité de la réutilisation des bases de données juridiques et associatives de la direction de l’information légale et administrative [19].

- Eté 2014 : la DILA met concrètement en téléchargement libre, gratuit et anonyme les bases JORF, CONSTIT, CNIL, ASSOCIATIONS et DEPOTS DES COMPTES ANNUELS DES ASSOCIATIONS [20].

- Octobre 2014 : la DILA prépare l’ouverture (diffusion gratuite) des informations légales et données économiques sur les entreprises publiées dans ses trois bulletins officiels BODACC, BOAMP et BALO (information du 30 octobre 2014).

- Octobre 2014 : la DILA organise un prix Open Law de l’accès au droit [21]. Présentation des projets en lice le 11 décembre 2014.

- Septembre 2015 : la DILA met concrètement en téléchargement libre, gratuit et anonyme les bases CASS (arrêts publiés au Bulletin), INCA (INédits de la CAssation), CAPP (sélection d’arrêts de cours d’appel) et JADE (Conseil d’Etat et cours administratives d’appel) [22].

- Fin 2015 : le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a annoncé le 12 novembre 2014 que d’ici fin 2015 plus de 800.000 documents de l’AN seront accessibles en open data [23]. Le compte rendu de la réunion du mercredi 12 novembre 2014 organisée par le Bureau de l’Assemblée nationale liste des informations qui seront concernées par cette ouverture :

  • les documents parlementaires ;
  • les coordonnées des députés ;
  • les mandats ;
  • le résultat des scrutins publics ;
  • le rattachement des députés à un parti politique ;
  • l’utilisation de la réserve parlementaire ;
  • la liste des représentants d’intérêts inscrits sur le registre ;
  • la liste des personnalités auditionnées par les commissions ;
  • la présence des députés en commission.

- Avril 2016 : le code source du calculateur d’impôt (dit "Calculette Impôts") est mis en libre accès gratuit [24] sur OpenFisca.

- Fin mai 2016 : le thésaurus des textes publiés au JORF (textes officiels et Codes), SARDE, est mis par la DILA en open data [25].

Voilà, on en est là. Pour l’instant. Comme qui dirait : « What’s next ? »

Emmanuel Barthe
juriste veilleur, spécialiste des données publiques juridiques


An open letter to the LinkedIn security team

Some questions I have

Jeudi 26 mai 2016

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Dear LinkedIn secury team,

You just sent me an email telling me about the recent publishing on the internet of LI IDs and hashed passwords from 2012.

My sincere thanks for this notification. On the one hand, it’s very positive that LI acknowledges the situation.

On the other hand :

Why don’t you start by exacting from users that they use complex passwords (i.e. with at least one digit and one sign not being a letter) ?
Instead of asking for their phone number, which is much more privacy invading.

Also, why is it that the press has told about the leak days before you sent me this email ?

And finally, why is it that the accounts concerned dit not have their passwords reset in 2012, when the original leak happened ? Does that mean that you did not detect it at the time ?

Thanks for listening.

Sincerely,

E. Barthe

PS 1 : Don’t forget that the European General Data Protection Regulation (GDPR) will come into force in 2018. Although they are not automatic at all, it contains huge penalties for this kind of leak.
PS 2 : I know LI is not the only internet business having those massive data leaking problems. But that is no excuse. And those businesses should beware too the GDPR sanctions.