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Facilité d’utilisation, sécurité, cryptage des données, suite complète ...

Mettre ses fichiers ou ceux d’un groupe dans le cloud : quelle application choisir ?

Google Drive, OneDrive, Dropbox. Mais aussi les outsiders : Box, Mega, SpiderOak ...

Mercredi 17 décembre 2014

J’ai dû récemment choisir la solution de cloud — non seulement stockage et partage de fichiers mais aussi communication — à retenir pour un groupe de 15 personnes devant travailler activement ensemble.

Une sélection

Ne vous faisons pas languir. Voici les solutions que l’on peut recommander quand on privilégie l’aspect travail en groupe, la gratuité, la richesse des fonctionnalités et le côté pratique — pour les justifications/arguments, voir infra :

  • Google Drive pour la richesse des outils associés (GMail, Google Groups et la suite bureautique de Google) et pour le prix si on passe en version payante
  • Dropbox pour la facilité d’utilisation
  • SpiderOak et Wuala pour la sécurité des données
  • Box pour les fonctions dédiées aux professionnels
  • Mega sur le seul critère du volume de stockage gratuit.

Quelques comparatifs

Pour m’aider, j’ai commencé par lire la presse Internet. Je me suis appuyé notamment sur ces articles, plus (pour les 3 premiers articles) ou moins bien référencés par ... Google :

Pour les résumer (commentaires compris) :

  • Dropbox est plus facile à installer et à utiliser, plus intuitif. De plus, il garde les anciennes versions de vos documents et permet aussi de récupérer ceux supprimés (comme la Corbeille de Windows)
  • Google et OneDrive (ex-SkyDrive, Microsoft) sont bien plus complets que Dropbox (et autres concurrents). Notamment, la solution de Google offre une suite longue comme le bras de produits, qui plus est gratuits tant qu’on reste en dessous de 15 Go de stockage : messagerie (GMail), liste de diffusion/groupe de discussion (Google Groups), stockage de fichiers en ligne avec possibilité de partage (Google Drive), suite bureautique — avec Google Docs (traitement de texte), Google Sheets (tableur) et Google Slides (présentations, compatibles avec Powerpoint) — mais aussi Agenda, blog (Blogger), photos (Picasa), cartes (Google Maps), réseau social (G+, justement) ...
  • OneDrive est recommandé pour les aficionados de Microsoft et ceux qui possèdent déjà la suite bureautique Office sur leur ordinateur mais les commentaires mettent en cause sa vitesse de synchronisation sur les divers appareils et sa gestion des noms de fichiers longs ou comportant des espaces
  • les outsiders vraiment intéressants :
    • Box : 10 Go gratuits, très orienté besoins professionnels
    • Copy : aussi simple que Dropbox, en légèrement mieux mais quelques bugs [1]
    • Bitcasa : 20 Go gratuits, très cité et apprécié par les particuliers outre Manche même si les journalistes et évaluateurs professionnels ne l’apprécient pas autant
    • Mega : le successeur "clean" du sulfureux Megaupload offre 50 Go gratuits. Très populaire, c’est lui qui offre le maximum de stockage en gratuit
    • SpiderOak : 2 Go gratuits comme Dropbox mais beaucoup mieux sécurisés (voir infra). 10 USD les 100 Go
    • Wuala, qui semble aussi voire un peu plus sécurisé que SpiderOak. Ses serveurs sont basés en France, Allemagne et Suisse (voir infra) . Il n’offre plus de service gratuit [2] et démarre à 0,99 euro par mois pour 5 Go ce qui le rend assez cher par rapport à la concurrence, y compris celle de SpiderOak.

Pour d’autres solutions de stockage dans le cloud, voyez :

Puis avec l’aide d’un informaticien de SSII — pas plus spécialiste du sujet au départ que votre serviteur [6] — je me suis lancé dans des tests.

Les raisons du choix de Google Drive

Malgré les limites décrites plus bas, la solution Google a été retenue. Parce que "mainstream", complète (tout en un ou presque : Drive + Mail + Groups + suite bureautique), que Drive permet le partage de dossiers ... et que mon "collègue" m’a fait remarquer les nombreux problèmes de sécurité de Dropbox (voir infra).

Mais la difficulté au début de nos utilisateurs non informaticiens ni "geeks" à se débrouiller seuls a bien failli nous ramener à Dropbox ... Il leur a fallu 20 mn de formation, un bon mois de pratique et pas mal de conseils par oral pour être tous rodés.

Enfin, si nous avions eu de gros risques de sécurité, nous aurions envisagé Box (version payante), SpiderOak ou Wuala. Cela dit, le code de Wuala et SpiderOak n’est pas open source et ne peut donc pas être vérifié. Idem pour Box.

Après les tests et le choix de notre solution, il s’est avéré que parmi les articles/comparatifs supra, seul le tutoriel de Sciences Po a été réellement pragmatique (mais pas tout à fait à jour). En effet, il est le seul à aborder concrètement les possibilités de partage des dossiers entre plusieurs utilisateurs. Le "truc" le plus important qu’il explique est l’utilisation de l’adresse mail d’un Google Group pour partager d’un coup un dossier avec un (gros) ensemble d’utilisateurs Google. L’avantage de partager avec un Google Group est qu’il suffit de à l’administrateur du Group d’ajouter ou supprimer une adresse GMail pour donner ou interrompre l’accès aux dossiers partagés.

Le diable est dans les détails

En effet, aucun de ces articles ne mentionne certains points-clés pourtant incontournables et qui expliquent notre hésitation [7]. Les voici :

- Le tout récent partenariat Dropbox Microsoft [8] ne permettra pas de modifier directement en ligne ses fichiers hébergés sur Dropbox. En effet, seul l’iPad est concerné [9] pour le moment et de toute façon il n’est question que d’ouvrir les documents, pas de les "éditer".

- Les conditions générales d’utilisation de Google (un contrat qui vous engage donc ; "terms of service" ou TOS en anglais) lui donnent le droit de parcourir informatiquement/lire tout mail ou document présent sur ses services et de produire des produits dérivés de vos oeuvres/documents [10] — sans toutefois violer ses propres engagements de confidentialité.
Rappelons également que Google a été condamné par la CNIL (en janvier 2014) et par ses consoeurs européennes pour « ne pas informer suffisamment ses utilisateurs des conditions et finalités de traitement de leurs données personnelles » [11].

- Dropbox a été à plusieurs reprises confronté à des failles de sécurité massives [12]. Et la tendance de ses utilisateurs à partager leurs fichiers et dossiers entre eux "à la chaîne" entraîne immanquablement des risques pour vos fichiers à vous.

- Très peu de ces services gratuits cryptent vos données sur leurs serveurs de manière à les rendre illisibles en cas problème de sécurité ou de curiosité gouvernementale. Exceptions : Box et surtout Spideroak [13] et Wuala qui cryptent les données sans en stocker la clé chez eux (ce qu’on appelle du "zero-knowledge data storage" : si vous perdez votre mot de passe, vous perdez vos données).
Pour les autres, à vous de le faire si vous l’estimez nécessaire. Un ancien du service de messagerie cryptée Hushmail recommande [14] le logiciel TrueCrypt (il rend toutefois la synchronisation des fichiers quasi-impossible) et surtout le service allemand [15] (également disponible sur mobile) BoxCryptor (gratuit pour un usage personnel, donc sans partage de fichiers) pour le cloud et PGP (Pretty Good Privacy, voir GnuPG dit GPG et le module Enigmail pour Thunderbird [16] désormais, PGP étant désormais vendu par Symantec) ou Hushmail pour le (web) mail.
Un article de SiliconAngle [17] cite deux autres solutions gratuites de cryptage dans le cloud : Cloudfogger et Viivo (et deux solutions payantes).

- La plupart de ces services gratuits ne gardent aucune version antérieure des documents modifiés ni ne permettent de récupérer un fichier supprimé.
Les exceptions : Dropbox qui pendant 30 jours garde les versions anciennes et les fichiers supprimés et Box qui garde juste les versions anciennes (mais ne permet pas de récupérer un fichier supprimé, sauf intervention par le support).

- Dans les 15 Go offerts par Google, il y a l’espace pris par vos mails et photos. Etant donné qu’une seule photo prend classiquement plusieurs Mo d’espace ...

Les problèmes d’utilisabilité de la solution Google

Les produits cloud de Google, s’ils sont liés entre eux, se consultent pour la plupart séparément. Ils ne sont pas toujours assez intégrés sur les plans visuel (repérer comment passer d’un produit à l’autre) et ergonomique, surtout pour les débutants. Voici les principaux soucis que les utilisateurs de mon groupe de travail ont rencontré :

- Il est difficile pour un non habitué de repérer le symbole des neuf petits carrés en haut à droite et de comprendre que si on clique dessus, on pourra passer d’une application (logiciel) à une (un) autre.

- Passer d’un compte Google à un autre [18] sans tout ressaisir n’est pas du tout évident/"self explanatory" au départ. Beaucoup vont se déconnecter-reconnecter en série, mélanger les mots de passe ...

- Hors version payante de Drive, les utilisateurs d’un dossier partagé peuvent tous créer, modifier, déplacer ou supprimer un document. Avec les risques de perte de fichiers que cela comporte ... En termes informatiques : ils ont tous les mêmes droits, et ce sont ceux d’un administrateur. La version gratuite de Drive, très logiquement, n’offre pas la fonctionnalité de tout logiciel d’administration de réseau d’entreprise (comme Windows Server ou l’ancien Novel Netware) qui consiste à limiter les droits des utilisateurs, et ce de manière graduée.

- Si vous gérez le partage des documents d’un groupe, la limite des 15 Go gratuits est vite atteinte. Or le disque dur d’un ordinateur personnel de base acheté en 2014 fait 500 Go dont Windows, une fois installé, laisse libre 400. Donc pour un groupe de 15 personnes, 15 Go vont vite faire juste ... Certes, on peut relier les espaces de stockage individuels de 15 Go chacun :

  • soit indirectement (ordinateurs en dessous de Windows 7). Procédure à suivre et à répéter à chaque fois ... :
    1. se connecter à son compte Google
    2. cliquer sur les 9 petits carrés
    3. choisir Drive
    4. dans la colonne de gauche cliquer sur "Partagés avec moi"
    5. cliquer sur le dossier partagé
    6. on y "rentre"
  • soit "directement" (ordinateurs à partir de Windows 7 ; Mac OS non testé). En fait, le caractère direct est virtuel : pour les utilisateurs, c’est transparent une fois mis en place. Procédure à suivre :
    1. se connecter à son compte Google
    2. cliquer sur les 9 petits carrés en haut à droite
    3. choisir Drive
    4. dans la colonne de gauche cliquer sur "Reçus"
    5. cliquer sur le dossier partagé
    6. il s’ajoute à droite
    7. passer la souris dessus
    8. trois petits points à droite intitulés "Autres actions" s’affichent
    9. choisir Ajouter à mon Drive
    10. on voit alors ce dossier comme s’il faisait partie de son Drive personnel et il n’est plus besoin passer par "Reçus" à chaque fois.

Mais la procédure là encore n’est pas évidente, elle nécessite une formation et elle n’est même pas décrite dans l’aide de Google.
Surtout, partager en chaîne entraîne des risques de sécurité accrus (voir supra Dropbox).

- Télécharger un fichier joint depuis un mail GMail et le ranger dans un dossier partagé n’est pas évident pour ceux qui n’ont jamais utilisé Drive — et GMail a fortiori.

- Enfin, la présentation des mails par fil de discussion dans GMail — inhabituelle — en déroute plus d’un. Encore un besoin de formation.


Guide FNUJA de l’avocat et du numérique

Quelle offre cloud ? Puis je faire une newsletter par e-mail ?

Mercredi 17 décembre 2014

Notre collègue Carole Guelfucci signale cette parution :

Guide de l’avocat & du numérique 2014-2015 / Commission Nouvelles technologies FNUJA, 1ère éd., 25 pages (mis en ligne le 17 novembre 2014).

En accès libre et gratuit (PDF) sur le site de la FNUJA et présenté et commenté en partie par Carole sur son nouveau blog Serendipidoc.

A noter que Carole avait déjà publié sur son site ce billet complémentaire : Les 6 rubriques indispensables d’un cahier des charges de création ou de refonte d’un site internet de cabinet d’avocats.

Le guide répond à des questions comme :

  • Est-ce que je peux enregistrer un nom de domaine www.monnomavocatdivorce.fr ?
  • Puis-je faire référence aux clients institutionnels qui me font confiance sur mon site internet ?
  • Combien coûte un site internet ?
  • Puis-je mettre en ligne une décision de justice favorable à un de mes clients ?
  • Pour travailler à distance puis-je mettre mes données dans le cloud (i-Cloud, Google Drive ou Dropbox) ?
  • Est-ce que je peux travailler en toute confiance sur des sites d’intermédiation en ligne avec des internautes ?
  • Puis-je proposer un service ciblé à un prospect par e-mail ?

Mes remarques :

- Le comparatif des solutions de cloud (hébergement en ligne des fichiers informatiques) réalisé par la FNUJA :

  • présente deux offres peu connues [19] :
    • hubiC, proposée par l’hébergeur OVH depuis 2011
    • et Wuala (propriété de la société française de disques de stockage LaCie), qui semble plus sécurisée que la plupart des autres. Toutes deux reposent sur des serveurs basés en France (hubiC) ou en Europe (France, Allemagne, Suisse) (Wuala). Le fait que les serveurs sont basés en France peut éviter les pressions des services américains ... mais pas forcément ceux des français [20]. L’avantage de Wuala de ce point de vue est que les règles de protection des données suisses sont très exigeantes et surtout qu’il charge différents segments d’un fichier sur différents serveurs, ce qui rend impossible de savoir quels segments appartiennent à quel utilisateur. En revanche, Wuala n’a plus d’offre gratuite et surtout est assez cher face à la concurrence
  • mais oublie au minimum :
    • l’offre de SpiderOak, le seul cloud recommandé par l’ex-agent de la NSA Edward Snowden. Certes, les serveurs de SpiderOak sont basés aux Etats-Unis. Cependant, tout comme Wuala, SpiderOak crypte les données non seulement pendant leur transfert (ce que font les autres services de cloud) mais aussi sur le serveur distant. Mais tout comme Wuala, son code n’est pas open source et ne peut donc pas être vérifié
    • le service allemand de cryptage de fichiers BoxCryptor [21] : disponible sur ordinateur et sur mobile. Il est gratuit pour un usage personnel (donc sans partage de fichiers)
    • et que ce qu’il présente comme des solutions de cloud sont en réalité de natures différentes : soit serveurs à louer (1&1, Amazon Cloud Drive), soit synchronisation et sauvegarde (le plus complet et le plus pratique : Google Drive, Copy, Wuala), soit sauvegarde (hubiC). hubiC est de facto une solution de sauvegarde, car sa synchronisation ne fonctionne pas bien [22])
  • pour les autres offres et une évaluation plus complète de Google Drive, voir notre article Mettre ses fichiers ou ceux d’un groupe dans le cloud : quelle application choisir ?.

- Le Guide donne une information importante : face aux risques présentés par les clouds non souverains, « le Bureau du Conseil National des Barreaux, avec le concours de la Commission Intranet & Nouvelles Technologies du CNB, travaille à la contractualisation avec la société SFR Business Team, pour une durée de 3 ans, d’une offre ouverte à tout avocat inscrit à un barreau français ».

- La fin de l’ouvrage tire la sonnette d’alarme sur deux aspects de la présence en ligne d’avocats :

  • la présence sur les réseaux sociaux (CV en ligne et plus) que sont LinkedIn et Viadéo. Leurs CGU stipulent en effet que l’utilisateur accorde au site une licence non exclusive d’utilisation du contenu et des données qu’il met en ligne via le site, pour le monde entier ...
  • la présence d’avocats dans des sites de vente de formules toutes prêtes. Là, le guide de la FNUJA est assez tranchant : lisez le dernier paragraphe.

Avec ce guide, la FNUJA publie son Livre Blanc du e-cabinet, une synthèse de ses préconisations, qui complète son Guide et permet de mieux comprendre où la FNUJA veut en venir.

Ainsi, le Livre blanc prend position sur le RPVA (les remarques entre crochets sont de nous) :

« 5- Il convient d’interdire aux sites internet extérieurs à la profession d’avocat et
prétendant à une activité juridique d’utiliser comme mot clé le vocable "’avocat" ou tout terme en lien avec les instances de la profession (CNB, CNBF, Ordre...). [...]

24- [braconniers du droit] Il convient d’encadrer très strictement la participation des avocats à des sites d’intermédiation et de leur interdire de figurer sur des sites qui proposent des services payants concurrents (information juridique, documents juridiques, prestations juridiques). Ainsi seuls les sites d’intermédiation proposant exclusivement des prestations d’avocats sans autre prestation qui pourraient leur faire concurrence sont autorisés. [...]

29- Il convient d’encourager les évolutions du RPVA vers plus de souplesse dans la gestion des droits au sein du RPVA. [NB : une nécessité pour les associés dotés de plusieurs collaborateurs et assistantes ... et pour les administratifs comme par exemple les informaticiens et documentalistes]

30- Il faut faire disparaître les usages locaux et revenir aux principes directeurs du
procès tels que prévus dans le code de procédure civile. »


Les critères utilisés par les moteurs de recherche pour "ranker" votre site

10 conseils pour mieux référencer votre site dans Google ... et ailleurs

Bloguez là où les autres ne vont pas et apportez votre expertise

Mardi 16 décembre 2014

Vous êtes un professionnel indépendant (consultant, avocat, commerçant ...), une association ou particulier doté d’une passion. Vous avez créé votre site ou votre blog et vous voulez éviter qu’il soit noyé dans la masse. Ou bien vous voulez développer sérieusement l’audience de votre site existant. Au minimum, vous voulez comprendre un peu ce qui se passe.

200 critères selon Google ... Seuls 30 comptent vraiment. Et on peut en tirer une dizaine de conseils pratiques. Quand on gère un petit site, ils reviennent toujours au même : écrivez pour votre public. Du récent ou de l’argumenté. Le contenu et l’expertise d’abord, le référencement après et si on en a les moyens.

Comment faire quand on n’a pas les moyens de faire du référencement : 10 conseils

Vous voulez la synthèse la plus courte, notre "cheat sheet" (antisèche) personnelle [23] du blogueur webmestre paresseux mais efficace ? La voici.

1. Centrez votre site/blog sur un thème pas trop large, voire une niche étroite

2. Ecrivez sur ce que vous pouvez apporter d’original à la communauté existant sur ce thème, à vos clients et prospects :

  • écrivez soit des articles courts sur des événements très récents avec l’optique de faire un "scoop" de temps à autre, soit des "papiers" de fond argumentés
  • ne copiez pas des contenus déjà publiés (communiqués, discours, articles Wikipedia et autres en licence Creative Commons). Si vous reprenez de simples informations, apportez-y un commentaire différent [24]
  • inscrivez votre site dans la communauté Internet et IRL [25] liée au thème de votre site : citez (avec lien hypertexte à la clé) vos collègues, vos pairs et les autorités dans votre domaine, dialoguez avec eux dans les commentaires (mais modérez les comm’), sur Twitter, Facebook ou Google+ [26], ayez une blogroll [27], publiez des listes de sites sélectionnés et classés sur un sous-thème ...

3. Pour autant, n’oubliez pas de citer/"linker" régulièrement votre propre site.

4. Tenez bon et soyez patient : avec du bon contenu ciblé, renouvelé et linké [28], le ranking dans Google monte lentement mais sûrement, mais cela prend entre 6 mois et 2 ans pour parvenir sur la première page de résultats (donc les 10 premiers) de Google pour le ou les mots-clés essentiels et distinctifs décrivant votre site [29].

5. Les balises HTML :

  • le contenu de la balise TITLE de la page doit reprendre votre nom ou celui de votre société et le titre du billet, raccourci mais avec ses mots-clés les plus importants
  • utilisez la balise H1 pour le titre et les balises H2, H3 etc. pour les intitulés des parties et sous-parties de votre texte, pas pour autre chose
  • balise META keywords : vous pouvez l’utiliser mais n’y mettez que des mots déjà présents dans vos titres de parties, car elle ne sert quasiment plus à rien tant elle a été utilisée pour du spam [30].

6. Rendez votre texte le plus lisible et attractif possible. Ce qu’on appelle : écrire pour le Web [31] :

  • rédigez des titres et chapeaux décrivant clairement le sujet de chaque billet et utilisant soit les mots-clés à la mode du moment soit les termes précis reconnus par votre communauté. Réutilisez ces mots-clés et d’autres dans votre texte
  • accrochez vos lecteurs avec un chapeau, sinon une introduction/ premier paragraphe de moins de 50 mots et du style "droit au but"/"on vous dit tout". Ce que les journalistes anglo-saxons appellent la "pyramide inversée"
  • aérez au maximum votre texte :
    • une idée par paragraphe. Autrement dit, laissez le plus souvent possible une ligne vide
    • utilisez les listes à puces ("bullet lists") [32]
    • usez (avec discernement) du gras
    • faites des phrases courtes : sujet verbe complément. Coupez les phrases longues en deux. Insérez des points, des points virgules, deux points
    • insérez des exemples, des schémas, des copies d’écrans ou des vidéos (courtes : 3 à 8 mn)
  • décrivez vos liens hypertextes (les mots en bleu) de manière précise : un lien est une promesse qui doit être tenue [33]
  • utilisez des verbes d’action au présent ou à l’impératif.

7. Si vous acceptez la publicité, privilégiez celle discrète : deux-trois sponsors si possible plutôt qu’une régie publicitaire, texte avec liens, pas de grandes plages de pub.
NB : Si vous êtes profession libérale (avocat, notaire, médecin ...), votre déontologie professionnelle vous interdit probablement d’afficher de la publicité (pour des logiciels, des produits ...) sur votre site. Donc, si vous utilisez une solution de blog non fournie par votre ordre, vérifiez bien que la version gratuite n’affiche pas à votre insu des publicités [34].

8. Mettez votre site fréquemment à jour avec du nouveau contenu : idéalement tous les jours de la semaine (soit 5 fois par semaine), mais une par semaine le fait très bien. Une fois par mois est un minimum [35]. Planifiez la publication du nouveau contenu pour le matin vers 8h.

9. Utilisez des services d’abonnement ou des réseaux sociaux pour tenir vos lecteurs au courant des nouveaux billets : fils RSS, newsletter par e-mail [36], compte Twitter, page Facebook.

10. Utilisez un logiciel d’analyse des statistiques de consultation de votre site (comme Google Analytics, ex-Urchin). Pour, certes, suivre l’évolution de la popularité de votre site mais surtout pour repérer quels billets et quels sujets "marchent". Ce sont ceux-ci qu’il faut respectivement mettre à jour et creuser.

La vision SEO : comment aller plus loin

Si vous n’avez pas de quoi payer un référenceur (SEO), voici quelques articles (la plupart en anglais) pour comprendre et commencer à faire du référencement Internet pur :

Et si, in fine, vous avez assez d’argent pour faire auditer et améliorer votre site par un spécialiste du référencement web (SEO = Search Engine Optimisation), n’en abusez pas. Les techniques purement SEO les plus massives ou éhontées finissent par être sanctionnées par les moteurs de recherche généralistes (Google, Bing essentiellement). Pour des exemples récents et pas forcément mal intentionnés [38], voyez ces quatre techniques SEO qui se sont récemment retournées contre leurs auteurs [39].

En conclusion : travaillez votre contenu d’abord, vos liens ensuite et votre référencement si vous avez le temps ou l’argent.


Dernières brèves

De l’intérêt de Legifrance pour les particuliers...

... quand le conseil est bon

Jeudi 4 décembre 2014

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Voici un exemple flagrant de l’utilité de la diffusion des données juridiques publiques : sur un forum de discussion — type de site où la qualité des conseils donnés est fluctuante [1] — le modérateur razor2 convainc de l’exactitude de ses propos en matière de droit de la route (l’erreur matérielle est sans incidence sur la validité du PV) en citant l’article 537 du Code de procédure pénale et surtout en produisant quatre liens hypertextes vers ... quatre arrêts de la Cour de cassation.

Il faut dire que l’on sent bien la compétence de razor2. Et son contradicteur répond : « Je vois que vous savez utiliser Légifrance. » [2] Ca aussi, ça compte.


Deux visions de la veille dans les structures juridiques

Conclusions de la journée Juriconnexion du 25 novembre 2014

Lundi 1er décembre 2014

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En conclusion de la journée Juriconnexion du 25 novembre 2014 sur la veille juridique (les supports des présentations des intervenants sont disponibles sur le site de l’association), ma collègue Sandrine Esclangon et moi-même avons exprimé deux vues sur la veille dans les structures juridiques aujourd’hui :

  • celle de Sandrine, très concrète — et poétique dans la forme de son intervention
  • la nôtre, qui revient en arrière pour montrer à quel point la veille est devenue le "premium". La voici infra.

Les débats de ce jour permettent de distinguer trois types de veilles  :

  • celles des éditeurs
  • celles des documentalistes, veilleurs et KM lawyers
  • on en a peu parlé : celles des juristes eux-mêmes, soit en lisant la veille des éditeurs et des veilleurs, soit en se débrouillant tout seul (lecture du sommaire du JORF et de leur BO …).

Car – phénomène important – les éditeurs – et pas forcément ou pas tout de suite les plus grands – se sont emparés de la veille.

A l’origine, 20 ans auparavant, la veille consistait à lire les revues, le Journal officiel papier et les ou les BOs papier de son domaine du droit. Mais les textes signalés avaient 3 semaines de retard et les JP au moins 1 mois et jusqu’à 3.

Puis les quotidiens (Les Echos, Le Monde, La Tribune …) devinrent une source d’information sur les avant-projets de loi et les débats au Parlement.

Puis le sommaire par mail du JO, les BOs en ligne et les sites web parlementaires arrivèrent et ce fut une rubrique de 2 à 3 pages sur les textes et JP récents (distincte du reste du contenu) dans les revues comme le Dalloz ou le JCP E. Mais elles avaient 2 semaines de retard.

Puis les éditeurs juridiques s’y mirent pour de bon :

  • sur les plateformes en ligne, une fonctionnalité permet de basculer une requête en question enregistrée avec e-mail si les résultats sont mis à jour – peu utilisé car trop de bruit et de silence, et peu pratique à passer en revue les grands éditeurs juridiques lancent des produits éditoriaux spécifiques : Dalloz Actualité, Net-Iris, AJDA Actualité, EFL Actus (le FR et le BRDA avant leur versions papier, en plus bref et plus complet)
  • des acteurs non juridiques ou startups se lancent : l’AEF en droit social, Fil DP en droit public, Lexbase avec ses revues hebdomadaires qui sont autant d’outils de veille
  • LexisNexis est dans une démarche plus spécifique : il cherche, lui, à répondre à la demande croissante de veille et d’accélération de celle-ci non par des produits uniquement dédiés à la veille mais par l’adaptation de ses outils courants :
    • une réduction des délais de traitement de l’information dans ses revues (par ex. dans le JCP, on trouve désormais des arrêts commentés frais d’à peine plus une semaine)
    • la création, dans Lexis 360, d’un onglet systématique de veille
  • les Editions Francis Lefebvre commercialisent « TP », leur outil éditorial de veille sur les travaux parlementaires en droit des affaires
  • la base Alinéa de Luxia vend sa fonctionnalité de veille. La recherche est devenue gratuite. Dans un business model de type « premium », on vend les fonctions avancées. Et ici la veille est devenue ce qui se vend. Quel chemin parcouru ...

Dans le même temps, les juristes veilleurs et les documentalistes courent devant. Pour eux aussi, la veille est devenue leur offre premium. Pas seulement par l’importance qu’elle a acquise, mais aussi parce qu’elle les relie aux dirigeants.

Certains sites publics comme celui du Sénat ou BOFiP leur facilitent le travail de veille. Pas tous, par manque de moyens et par souci du respect de la « ligne jaune ». Les outils de veille gratuits ou à faible coût (IFTTT, HTML to RSS, lecteurs RSS …) aident aussi. Ces outils peuvent être difficiles à combiner et leur avenir n’est pas toujours assuré. Les centres de documentation de grandes structures cherchent alors à se raccrocher aux contrats existants avec des outils de veille payant de haut niveau comme Tadaweb, Digimind (Taj), KBCrawl ou AMIsoftware.

Pour garder la veille en main – à tous les sens du terme – les veilleurs et documentalistes doivent certes maîtriser les outils – et leur prix ... – et le contenu exact et la structures des sources d’information. Mais peut-être doivent-ils surtout et de plus en plus :

  1. aller chercher, analyser et présenter les besoins de veille
  2. maîtriser une démarche de mise en place des veilles où ils sont le chef de projet et la cheville ouvrière
  3. voir la veille non seulement comme ce qui valorise leur fonction auprès des juristes et des dirigeants/associés, mais aussi comme le moyen, en interne, de savoir tout ce qui se passe et de vendre leurs autres compétences.

Dans cette optique, ils/elles sont devenus des communicants.

Emmanuel Barthe


Une chronologie

Open data et données juridiques publiques en France : les pouvoirs publics sont lancés

La preuve par 10

Vendredi 28 novembre 2014

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Finalement, le rapport de juillet 2011 rédigé par Mines Paris Tech pour le ministre en charge de l’économie numérique et la Délégation aux Usages de l’Internet "Les données publiques au service de l’innovation et de la transparence - Pour une politique ambitieuse de réutilisation des données publiques" (PDF) [3] et le débat sur l’opportunité de la gratuité des données publiques n’auront pas accouché d’une souris [4]. En tout cas dans le domaine juridique.

En effet, côté données juridiques publiques, les pouvoirs publics français sont vraiment lancés dans l’open data. La preuve par 10 chronologiquement :

- Mai 2011 : le Premier ministre François Fillon pose la nouvelle règle [5] : « la gratuité est le principe, la redevance l’exception » par sa circulaire du 26 mai 2011 relative à la création d’Etalab [6].

- 5 décembre 2011 : lancement du site Data.gouv.fr [7].

- 2012-2014 : ce n’est pas de l’open data mais ça va dans le sens de l’open data, ça accompagne ce mouvement : adoption des numéros et URL (adresses web) stables ECLI(European Case Law Indentifier [8] par la Cour de cassation et le Conseil d’Etat et le Conseil constitutionnel en 2012 et 2013 [9] et ELI (European Law Identifier [10]) par la DILA en octobre 2014. ECLI et ELI permettent de citer (et à terme rechercher, y compris par des automates) respectivement les décisions de justice des juridictions des de l’Union européenne et des Etats membres et les textes officiels adoptés par l’UE et les Etats membres [11]. Même les JO ont leur ELI. Exemple : le JORF du 5 novembre 2014 http://www.legifrance.gouv.fr/eli/jo/2014/11/5 On voit aussi les ELI sous deux formes (selon que le texte a un numéro ou pas, par exemple pour les décrets), mais, par défaut, le NOR est intégré. Exemple pour le décret n° 2014-1315 du 3 novembre NOR : FCPT1413681D : ELI : http://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2014/11/3/FCPT1413681D/jo/texte ; ELI : http://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2014/11/3/2014-1315/jo/texte ECLI et ELI avaient préalablement été adoptés en 2011 et 2012 respectivement au niveau européen.

- 2013 : le Sénat publie les bases suivantes en open data sur le portail dédié data.senat.fr [12] :

  • les travaux législatifs (base Dosleg) : ensemble des informations sur les documents parlementaires déposés au Sénat (références depuis octobre 1977 et liens vers le texte intégral depuis octobre 1995)
  • les amendements (base Ameli) : ensemble des amendements déposés au Sénat en commission (depuis octobre 2010) et en séance publique (depuis octobre 2001)
  • les questions (base Basile-questions) : ensemble des informations sur les questions écrites et orales posées par les sénateurs au Gouvernement (références et/ou texte intégral selon la date de la question)
  • les comptes rendus des débats : ensemble des informations relatives aux comptes rendus intégraux de la séance publique depuis janvier 2003. Les comptes rendus intégraux eux-mêmes seront prochainement disponibles.

- Juillet 2013 : Un article discrètement niché dans la loi Fioraso sur l’enseignement supérieur [13] élargit aux chercheurs l’accès aux données de l’administration fiscale [14], jusque là particulièrement bien protégées, sous réserve d’un engagement de confidentialité [15] : « L’accès des tiers, à des fins de recherche scientifique, aux informations recueillies à l’occasion des opérations de détermination de l’assiette, de contrôle, de recouvrement ou de contentieux des impôts, droits, taxes et redevances prévus au code général des impôts peut être autorisé par décision du ministre chargé du budget, après avis favorable du comité du secret statistique institué par l’article 6 bis de la loi n° 51-711 du 7 juin 1951 sur l’obligation, la coordination et le secret en matière de statistiques. » Il s’agit de l’article 104 de la loi, qui modifie l’article L. 135 D du Livre des procédures fiscales (LPF) (voir l’article modifié).

- Novembre 2013 : publication du rapport Trojette sur l’ouverture des données publiques. Son titre est explicite : "Ouverture des données publiques - Les exceptions au principe de gratuité sont-elles toutes légitimes ?" La Gazette des communes le dit à sa façon : Open data : Le rapport Trojette habille pour l’hiver les redevances sur les données publiques.

- Juin 2014 : les licences Legifrance deviennent gratuites et quasi-open data [16] par le décret n° 2014-648 du 20 juin 2014 modifiant le décret n° 2002-1064 du 7 août 2002 relatif au service public de la diffusion du droit par l’internet [17] et son arrêté d’application du 24 juin 2014 relatif à la gratuité de la réutilisation des bases de données juridiques et associatives de la direction de l’information légale et administrative [18].

- Octobre 2014 : la DILA prépare l’ouverture (diffusion gratuite) des informations légales et données économiques sur les entreprises publiées dans ses trois bulletins officiels BODACC, BOAMP et BALO (information du 30 octobre 2014).

- Octobre 2014 : la DILA organise un prix Open Law de l’accès au droit [19]. Présentation des projets en lice le 11 décembre 2014.

- Fin 2015 : enfin, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a annoncé le 12 novembre 2014 que d’ici fin 2015 plus de 800.000 documents de l’AN seront accessibles en open data [20]. Le compte rendu de la réunion du mercredi 12 novembre 2014 organisée par le Bureau de l’Assemblée nationale liste des informations qui seront concernées par cette ouverture :

  • les documents parlementaires ;
  • les coordonnées des députés ;
  • les mandats ;
  • le résultat des scrutins publics ;
  • le rattachement des députés à un parti politique ;
  • l’utilisation de la réserve parlementaire ;
  • la liste des représentants d’intérêts inscrits sur le registre ;
  • la liste des personnalités auditionnées par les commissions ;
  • la présence des députés en commission.

Voilà, on en est là. Pour l’instant. Comme qui dirait : « What’s next ? »

Emmanuel Barthe
juriste veilleur, spécialiste des données publiques juridiques